Voir : L’acceptation par les populations est la clé d’une approche du développement menée par de multiples parties prenantes – Economic Times

Le dernier budget a constitué un changement important par rapport aux versions précédentes. Il était audacieux, transparent et axé sur la croissance. Même les déclarations du Premier ministre qui a déclaré que son gouvernement serait favorable au marché, et pas seulement aux entreprises, étaient une bouffée d’air frais. Toutefois, le Premier ministre a reconnu que le secteur privé jouera un rôle important et, deuxièmement, que de nombreuses unités non stratégiques du secteur public seront privatisées, ce qui augmentera la taille du secteur privé. Dans ces deux domaines de croissance, nous interprétons que l’orientation du gouvernement sera axée sur le capitalisme des parties prenantes et non sur le capitalisme des actionnaires. Dans ces deux domaines, le travail, entre autres, est un acteur commun qui sera touché.

Le récent débat sur le rôle du secteur privé dans le développement économique de l’Inde a appelé à une délibération multidimensionnelle. Il a notamment stipulé une enquête sur la relation entre le secteur privé et le peuple indien. Le débat est déclenché par les remarques du Premier ministre qui a classé le secteur privé dans la catégorie des créateurs de richesse et, par conséquent, dans celle des principaux éléments constitutifs de la croissance économique de l’Inde.

Reconnaissant le rôle du travail, ou du capital humain, le Premier ministre a également parlé d’éducation, de qualification, etc. avec l’espoir que le secteur privé fasse de même afin d’accélérer la trajectoire de développement économique de l’Inde. Compte tenu de la transformation de l’économie indienne après les réformes de 1991, il n’y a pas de remise en cause de la contribution du secteur privé au développement économique de l’Inde, à part quelques pépins. Néanmoins, tant le gouvernement que le secteur privé devraient réaliser que l’acceptation de son rôle par la population est cruciale pour cette approche du développement menée par plusieurs parties prenantes. Les gens accepteront le secteur privé lorsque la distribution de ses richesses acquises sera juste et équitable.

L’affirmation et le soutien des populations sont la clé du succès de tout type d’approche de développement. Il s’agit d’un processus organique qui est régi par un certain nombre de facteurs, dépendant en particulier de l’intérêt personnel des gens et de leur dépendance à l’égard des idéologies politiques, sociales et économiques.

Afin d’évaluer la perception actuelle des gens à l’égard du secteur privé, il faut tout d’abord examiner les lignes de fracture entre le secteur privé et les masses indiennes.

Cet examen est de la plus haute importance, étant donné le déficit de confiance de longue date entre le secteur privé et la population. L’écart de richesse toujours croissant en Inde et dans le monde, la contractualisation accrue des emplois réguliers, la stagnation des salaires, l’absence de sécurité de l’emploi et le manque de responsabilité des entreprises privées sont quelques-unes des principales raisons du scepticisme de la population à l’égard du secteur privé. Pour replacer les choses dans leur contexte, le rapport sur l’inégalité en Inde 2018 d’Oxfam Inde souligne que les 10 % les plus importants de la population indienne détiennent 77 % de la richesse nationale totale. 73% de la richesse générée en 2017 est allée au 1% le plus riche, alors que 67 millions d’Indiens qui constituent la moitié la plus pauvre de la population n’ont vu leur richesse augmenter que de 1%.

Les gens contribuent et bénéficient de la croissance de l’économie, dont le secteur privé est un partenaire essentiel. Le secteur privé doit reconnaître que le peuple indien est placé dans une position relativement moins dominante que la sienne, et doit donc prendre les premières mesures pour remédier aux lignes de fracture. Il faut également reconnaître qu’il existe un lien direct entre la redistribution des richesses et l’amélioration de l’indice de développement humain. Il est donc impératif que les décideurs politiques évaluent et analysent les performances du secteur privé, non seulement par son activité de création de richesses, mais aussi par ses efforts de redistribution.

Toute enquête concernant le rôle du secteur privé dans la redistribution des richesses en Inde doit répondre à deux questions pour commencer : son but et sa responsabilité dans la redistribution des richesses.

Premièrement, quel est l’objectif du secteur privé dans une société ?

La compréhension traditionnelle de l’objectif du secteur privé est largement reconnue comme étant la création de richesses grâce à laquelle il génère des profits et élargit ainsi le gâteau économique d’un système économique donné. Ces derniers temps, on a repensé ce concept avec l’avènement de concepts tels que le capitalisme des parties prenantes, le développement durable, la responsabilité sociale des entreprises, la démocratie économique, etc. L’objectif de cette réflexion est de réorienter l’objectif de la privatisation pour y inclure la responsabilité sociale. L’objectif de cette réorientation est de réorienter l’objectif de la privatisation pour y inclure la responsabilité sociale.

Deuxièmement, le secteur privé est-il responsable de la redistribution des richesses qu’il génère ?

Bien qu’il soit largement admis que la redistribution est le rôle du gouvernement, le secteur privé a un rôle limité mais particulier à jouer dans ce domaine en générant du travail décent pour le public.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), un travail décent implique des possibilités de travail productif et offrant un revenu équitable, la sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale des familles, de meilleures perspectives de développement personnel et d’intégration sociale, la liberté pour les personnes d’exprimer leurs préoccupations, de s’organiser et de participer aux décisions qui affectent leur vie, ainsi que l’égalité des chances et de traitement pour toutes les femmes et tous les hommes.

En d’autres termes, les emplois décents placent les travailleurs au centre de la production ou de la livraison et les considèrent comme des actifs à valeur croissante par opposition aux coûts des facteurs.

La création d’emplois décents permettra de disposer d’une main-d’œuvre plus saine, plus sûre et mieux protégée socialement, ce qui contribuera à générer la demande dans l’économie. Elle implique directement le secteur privé, non seulement en tant que facilitateur du programme de développement, mais aussi en tant qu’agent d’exécution. Ainsi, il facilite la redistribution de ses richesses acquises de manière juste et équitable. L’action en faveur de la création d’emplois décents est également une étape pour s’éloigner de l’idée que tout emploi est mieux que pas d’emploi du tout.

L’initiative du gouvernement visant à faciliter les réformes des entreprises répond à l’exigence du secteur privé de disposer d’un écosystème favorable. De plus, la création d’emplois décents peut avoir un effet d’entraînement, ce qui permet d’aligner les bénéfices du secteur privé sur l’amélioration du niveau de vie des travailleurs et de favoriser la démocratie et la justice économiques.

Les auteurs travaillent pour CUTS International, un groupe mondial de recherche et de défense des politiques publiques.