Vivendi et Mediaset mettent fin à leur querelle sur l’échec de Netflix en Europe – FRANCE 24

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Paris (AFP)

Le conglomérat de médias français Vivendi et son rival italien Mediaset ont convenu d’enterrer la hache de guerre dans leur bataille juridique de longue date sur les projets ratés visant à mettre en place la réponse européenne au géant américain du streaming Netflix, ont déclaré les deux groupes.

La querelle avait opposé deux poids lourds européens l’un contre l’autre: Mediaset est contrôlé par la famille du flamboyant ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi et leur holding financière Fininvest tandis que le chef milliardaire de Vivendi est le premier raider d’entreprise français Vincent Bolloré.

“Vivendi, Fininvest et Mediaset sont heureux d’annoncer qu’ils sont parvenus à un accord global pour mettre fin à leurs litiges en renonçant à tous les litiges et réclamations entre eux”, ont déclaré les sociétés dans un communiqué conjoint lundi soir.

Aux termes de leur projet de partenariat, Vivendi, société mère de la chaîne de télévision française Canal +, devait racheter l’intégralité de la chaîne de télévision payante Premium de Mediaset.

Mais Vivendi a affirmé qu’il avait été induit en erreur sur la valeur réelle de Mediaset Premium et a déchiré l’accord, et a plutôt pris une participation de 28,8% dans Mediaset dans un mouvement que le gouvernement italien et la famille Berlusconi jugent hostile.

En conséquence, Mediaset et Fininvest ont poursuivi Vivendi pour 3,0 milliards d’euros de dommages et intérêts en juin 2017.

L’acquisition de Vivendi a également rencontré des problèmes avec le régulateur italien des télécoms qui a déclaré que le groupe français avait enfreint les règles de propriété des médias et lui a ordonné de réduire sa participation.

Cependant, en septembre dernier, la Cour européenne de justice a déclaré que la décision du régulateur italien était contraire au droit de l’UE et que les limites complexes de la part de marché qu’une entreprise peut contrôler ne garantissaient pas la pluralité des médias.

Puis en avril de cette année, un tribunal de Milan a condamné Vivendi à verser à Mediaset 1,7 milliard d’euros de dommages et intérêts.

Dans le cadre de leur nouvelle trêve, Vivendi a déclaré qu’il s’était “engagé à vendre en bourse, sur une période de cinq ans, (sa) totalité de 19,19% du capital de Mediaset détenu” via une filiale indépendante dénommée Simon Fiduciaria.

Vivendi abandonnera également sa résistance au projet de Mediaset de déplacer son siège social aux Pays-Bas, où il souhaitait regrouper ses activités italiennes et espagnoles et sa participation de 15,1% dans le groupe allemand ProSiebenSAT1 dans une entité juridique néerlandaise appelée MFE (Media For Europe).

Par ailleurs, Vivendi et Mediaset ont déclaré avoir conclu un accord de bon voisinage sur la télévision en clair et des engagements de statu quo pour une durée de cinq ans.