Un troisième verrouillage national semble probable en France alors que les hôpitaux sont débordés – The New York Times

PARIS – Après plus d’un an de verrouillages et des mois de campagnes de vaccination par pulvérisation, les efforts de l’Europe pour enrayer la pandémie de coronavirus ont subi un autre revers mercredi lorsque le président français Emmanuel Macron a annoncé un nouvel ensemble de mesures restrictives dans un mouvement désespéré pour mettre fin à une nouvelle mortelle. vague. Cette décision a imposé un troisième verrouillage national pendant un mois, qu’il avait longtemps tenté d’éviter.

Avec la flambée des infections, les hôpitaux bondés de patients et le virus atteignant maintenant les salles de classe, M. Macron a abandonné un pari de trois mois dans lequel il a gardé la France ouverte dans l’espoir qu’un rythme régulier de vaccinations rendrait un verrouillage inutile.

Alors que le décompte des décès dus aux coronavirus poussait sans relâche près de la barre des 100000, M. Macron a effectivement cédé aux scientifiques et aux politiciens de l’opposition qui ont fait pression ces dernières semaines pour un nouveau verrouillage, et a ajouté la France à la liste des nations européennes qui s’effondrent. de nouveau. Beaucoup d’entre eux ont introduit de nouveaux verrouillages en réponse à une vague de nouveaux cas qu’un déploiement lent du vaccin n’a pas réussi à endiguer.

La France a signalé mardi plus de 5000 personnes dans des unités de soins intensifs pour la première fois depuis avril dernier, la pénurie de lits dans les hôpitaux des zones les plus touchées devenant aiguë. Et la lenteur du déploiement du vaccin n’a pas empêché une explosion d’infections, puisqu’en moyenne 37 000 nouveaux cas ont été signalés par jour au cours de la semaine écoulée.

«Les perspectives sont pires qu’effrayantes», a déclaré lundi à la radio RMC Jean-Michel Constantin, chef de l’unité de soins intensifs de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

«Nous sommes déjà au niveau de la deuxième vague et nous nous rapprochons rapidement du seuil de la première vague», a-t-il déclaré. «Avril va être terrible.»

De nouvelles restrictions ont été introduites au niveau régional à la mi-mars pour tenter d’éviter une troisième vague d’infections, touchant environ un tiers de la population, y compris la région parisienne. Les règles ont obligé les entreprises jugées non essentielles à fermer, ont ordonné aux résidents de limiter leurs activités de plein air à des endroits situés à moins de 10 km de leur domicile et ont interdit les déplacements à destination ou en provenance des régions où les infections augmentaient.

Mais alors que les infections augmentaient obstinément, la pression s’était exercée sur M. Macron pour qu’il mette en œuvre des mesures plus strictes.

Dans le Journal du Dimanche, 41 médecins de la région parisienne ont averti que les hôpitaux pourraient bientôt devenir tellement sollicités qu’ils devront choisir les patients à essayer de sauver.

«Tous les indicateurs montrent que les mesures actuelles sont et seront insuffisantes pour inverser rapidement la courbe alarmante des contaminations», ont-ils écrit.

Fin janvier, M. Macron a fait le pari calculé de résister à un nouveau verrouillage national, espérant que son gouvernement pourrait resserrer les restrictions juste assez pour lutter contre une augmentation des infections pendant que les gens se faisaient vacciner.

Cette stratégie a semblé fonctionner jusqu’à la mi-mars, lorsque les infections ont fortement augmenté et que la campagne de vaccination n’a pas réussi à s’accélérer, au milieu du désarroi du déploiement du vaccin AstraZeneca. Les opposants politiques et certains scientifiques ont déclaré que M. Macron avait «perdu son pari».

Pour M. Macron, le timing de l’annonce de mercredi était particulièrement significatif: l’introduction d’encore plus de restrictions un an après le premier lock-out de la France et un an avant les élections présidentielles où les électeurs devraient juger sa présidence sur sa gestion de l’épidémie et la campagne de vaccination. .

Les autorités sanitaires ont déclaré mardi qu’environ 8,3 millions de personnes avaient reçu au moins un premier vaccin contre le coronavirus, soit environ 12% de la population totale. Le gouvernement prévoit de vacciner 10 millions de personnes d’ici la mi-avril et 30 millions d’ici l’été.

Mais la France est toujours en retard sur certains autres pays occidentaux dans son déploiement de vaccins. La Grande-Bretagne a vacciné 46% de sa population et les États-Unis 29%, selon les données du New York Times.