Damien ROUSSON 3 juillet 2019
fermetures d'école

Pour près de 400 établissements ruraux, il s’agit de la dernière semaine de classe avant la fermeture définitive. Élèves et enseignants seront désormais regroupés dans des RPC, mégastructures scolaires intercommunales.

Partout en France, les petites écoles de campagne ferment, fragilisant le lien social.

La promesse d’Emmanuel Macron formulée le 25 avril était limpide : “Plus d’école fermée jusqu’en 2022”. Cette déclaration était complétée par la tournure suivante :  « sans l’accord des maires ». En réponse aux inquiétudes de Gilets jaunes et de la France périphérique, ces propos vont prendre une nouvelle tournure lors de la rentrée prochaine, après l’euphorie des grandes vacances.

Dans les faits, beaucoup de petites écoles fermeront pour de bon à la fin de cette dernière semaine de classe, sur décision des maires / communautés de communes.

400 écoles doivent disparaître à la rentrée

D’après une enquête du ministère de l’Éducation nationale, 400 écoles doivent fermer à la rentrée. 150 fermetures ont été décidées par l’administration, en baisse par rapport aux 186 initialement prévues. Les 250 autres fermetures sont le fruit de fusions et de regroupements préparés en concertation avec les élus.

L’éloignement des villages débouchent sur des rationalisations et donc des fermetures d’écoles

Dans le département de la Somme, territoire rural le plus touché, 30 fermetures sont prévues à la rentrée. 3 fermetures relèvent de l’Éducation nationale. Il s’agit d’écoles à classe unique, dont la trop forte baisse des effectifs leur a été fatale. Les 27 autres fermetures ont été décidé par 3 communautés de communes, suite à la mise en place d’une politique de refonte de leur carte scolaire. L’objectif ? Rationaliser l’offre de classes de maternelles et élémentaires sur leur territoire.

Rationaliser l’offre de classes de maternelles et élémentaires sur leur territoire.

Quelles conséquences pour les habitants de ces territoires ruraux : pour une partie des habitants, le sentiment que l’école est en train de s’éloigner.

Une enseignante témoigne « On est en train de casser la relation sociale de nos villages avec ces cartes scolaires, qui servent d’abord à remplir les classes ».

Fermetures d’écoles : un mouvement de fond

A l’assemblée des communautés de France, les regroupements scolaires reflètent une tendance de fond, initiée depuis des années dans la France rurale. Les écoles de village se transforment en Regroupements pédagogiques concentrés (RPC). Ces établissements deviennent plus modernes, bien équipés, plus faciles à gérer et moins coûteux à entretenir.

Cette tendance est parallèle à la réorganisation du millefeuille territorial et spécialement la fusion de nombreuses communautés de communes depuis 2017. Ce phénomène a engendré des territoires administratifs bien plus vastes, aux champs de de compétences de plus en plus larges.

25 % des 1260 intercommunalités de France gèrent les bâtiments scolaires. La moitié de celles-ci ont désormais la charge des activités périscolaires proposées aux familles.

RPC, ce sigle qui marque la fin d’une époque

RPC : ce sigle remplace petit à petit l’expression écoles de village, sur l’autel de la rationalité et des économies.
Les RPC, structures modernes et bien équipées, sont le reflet de la scolarité d’aujourd’hui dans la France périphérique. Quitte à accueillir parfois plusieurs centaines d’élèves dans le même établissement.

Quelles retombées ? Quelle efficacité ?

Cela ne signifie en rien moins de bonheur pour les élèves ou une meilleure instruction. Mais ce phénomène reflète une fois de l’éloignement des services publics et tourne la page d’une époque.

Cependant, le sentiment de perte de lien social et d’identité est de plus en plus fort, au niveau des communes en question et aussi pour une part du pays.

Entrepreneur sur la région lyonnaise, je suis persuadé que le monde a besoin d'articles bienveillants afin recréer de la confiance dans la presse et de laisser derrière nous cette phase de défiance et cette ère de fake news.