14 août 2020

Les Anastasiades de Chypre mettent en garde contre les forages illégaux de la Turquie dans le cadre des négociations sur le fonds de relance

Au milieu des négociations clés entre les dirigeants européens lors d’un sommet extraordinaire sur la réponse budgétaire de l’Union à la crise du Coronavirus, le président chypriote Nicos Anastasiades a saisi l’occasion pour mettre également en garde contre les violations continues de la Turquie en Méditerranée orientale.

Anastasiades a soulevé la question samedi, lors d’une réunion bilatérale avec la chancelière allemande Angela Merkel, alors que l’Allemagne assume la présidence tournante du Conseil de l’UE depuis le 1er juillet.

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote, M. Anastasiades a déclaré à Mme Merkel que l’UE devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations commises par la Turquie dans la zone économique exclusive (ZEE) de l’île, et que le pays est disposé à reprendre les négociations sur Chypre dès que possible.

Ses avertissements ont fait suite à l’annonce d’Ankara de poursuivre les activités d’exploration d’hydrocarbures et de pétrole prévues dans la région. Bruxelles a souvent demandé à la Turquie de mettre fin à ses activités de forage, son chef de la politique étrangère, Josep Borrell, menaçant de sanctions si Ankara ne tenait pas compte des avertissements de l’UE.

Borrell doit également présenter une liste de “nouvelles mesures appropriées” d’ici fin août pour les violations de la souveraineté territoriale de Chypre et de la Grèce.

Alors que le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, fait pression pour que des sanctions soient prises contre Ankara, pour la Commission, l’imposition de sanctions n’est “en principe” pas sur la table.

Au début du mois de juillet, le tribunal administratif suprême de Turquie a ouvert la voie à la reconversion de la cathédrale de Sainte-Sophie, datant de l’époque byzantine et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, en mosquée, après avoir annulé une décision de 1934 qui faisait du site un musée. Le même jour, le président turc a signé un décret confirmant la conversion, la première prière devant avoir lieu le 24 juillet.

Cette décision a été vivement critiquée par la communauté internationale, qui a dénoncé la dégradation du site de l’UNESCO et demandé à Erdogan de reconsidérer sa décision.