14 août 2020

L’AIE voit une énergie verte dans l’UE pour sortir de la crise du coronavirus

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré le 25 juin que l’UE intensifie ses efforts pour rendre ses systèmes énergétiques plus propres et plus résistants, renforçant ainsi son leadership mondial en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Selon un nouvel examen de la politique énergétique de l’AIE, les émissions de gaz à effet de serre de l’UE en 2019 étaient inférieures de 23 % à celles de 1990, ce qui signifie que l’Union avait déjà atteint son objectif de réduction de 20 % d’ici 2020. L’électricité plus propre a été le principal moteur de cette réduction, l’intensité en carbone de la production d’électricité européenne étant désormais bien inférieure à celle de la plupart des autres régions du monde. L’UE est un leader dans les technologies des énergies renouvelables, notamment l’éolien en mer, et beaucoup de ses États membres ont mis en place des politiques visant à éliminer progressivement le charbon, selon le nouveau rapport de l’AIE. Toutefois, les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports de l’UE continuent d’augmenter, et l’utilisation de l’énergie dans les bâtiments reste une activité à forte intensité de combustibles fossiles.
Le nouveau rapport de l’AIE présente des recommandations pour aider l’UE à atteindre ses objectifs de 2030 en matière d’émissions de gaz à effet de serre, d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, ainsi que ses objectifs de décarbonisation à plus long terme. Selon le rapport de l’AIE, des politiques plus fortes que celles actuellement en place seront nécessaires pour réaliser ces ambitions et le secteur de l’énergie doit être au cœur de ces efforts, car il représente 75 % des émissions de gaz à effet de serre de l’UE.
En décembre, la nouvelle Commission européenne dirigée par le président Ursula von der Leyen a lancé le “Green Deal” européen dans le but de rendre l’UE neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Ce plan s’est rapidement heurté au défi supplémentaire de Covid-19, qui a plongé le monde dans une forte récession économique. Cette crise est un test de la résilience du secteur de l’énergie et de l’engagement des décideurs politiques en faveur de la transition vers une énergie propre. Jusqu’à présent, le secteur énergétique de l’UE a bien résisté aux pressions qu’il a subies, mais le ralentissement économique continue de peser sur les bilans des entreprises et des gouvernements. Le mois dernier, la Commission européenne a présenté un plan de relance massif pour contrer les dommages économiques causés par le Covid-19. Ce plan vise à assurer une reprise résistante, inclusive et verte en Europe tout en jetant les bases d’un avenir à faible émission de carbone.
“Avec ses plans de relance, l’UE a une réelle opportunité de stimuler l’activité économique, de créer des emplois et de soutenir la transformation à long terme de son secteur énergétique”, a déclaré le directeur exécutif de l’AIE Fatih Birol a déclaré lors du lancement du nouveau rapport avec le commissaire européen à l’énergie Kadri Simson. “Le plan de relance durable décrit dans le récent rapport spécial de l’AIE sur les perspectives énergétiques mondiales montre comment atteindre ces trois objectifs simultanément. L’AIE travaille avec la Commission européenne et les États membres de l’UE pour concevoir des politiques visant à réparer les dommages économiques de la crise tout en rendant leurs systèmes énergétiques plus propres et plus résistants”.
“L’examen de la politique énergétique de l’UE par l’AIE intervient à un moment crucial, alors que nous débattons des priorités d’investissement pour notre reprise économique et le futur budget de l’UE”, a déclaré M. Simson. “L’examen soutient l’engagement ferme de la Commission en faveur d’une relance verte, qui est au cœur de notre proposition de plan de relance de 750 milliards d’euros. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec l’AIE pour concevoir des politiques européennes visant à transformer notre secteur de l’énergie tout en assurant l’emploi, la croissance et une meilleure qualité de vie”.
Comme les États membres de l’UE ont des politiques énergétiques et des approches de la décarbonisation différentes, le rapport de l’AIE indique qu’une coopération solide sera nécessaire dans le cadre des plans nationaux pour l’énergie et le climat. Le rapport recommande également que l’UE s’appuie sur le marché intégré de l’énergie et le commerce transfrontalier de l’Union et élabore des signaux de prix du carbone plus forts. “L’accord vert européen représente une opportunité de renforcer les économies du continent en mettant en commun les investissements dans les technologies énergétiques qui sont susceptibles de jouer un rôle crucial à l’avenir”, a déclaré M. Birol. “Les électrolyseurs d’hydrogène et les batteries lithium-ion pourraient potentiellement changer la donne, tant pour l’UE que pour le monde entier. Je salue les efforts déployés par la Commission européenne pour accélérer l’innovation et la commercialisation dans ces domaines clés”.
Le rapport de l’AIE indique également que le maintien de la sécurité énergétique de l’UE reste essentiel, car le secteur de l’énergie est vital pour la santé des citoyens et des économies. En particulier, les systèmes et les marchés de l’électricité de l’UE devront accueillir des parts croissantes d’énergies renouvelables variables. Dans le même temps, des risques tels que les conditions météorologiques extrêmes et les menaces de cybersécurité intensifient les difficultés de conception et d’exploitation des systèmes électriques.
L’UE risque de voir la moitié de sa capacité de production d’énergie nucléaire disparaître au cours des cinq prochaines années si des décisions ne sont pas prises pour prolonger la durée de vie des centrales, qui fournissent actuellement une grande partie de l’électricité à faible teneur en carbone du continent. Pour soutenir l’élimination progressive du charbon, le gaz naturel devient essentiel pour assurer la flexibilité des systèmes électriques en Europe, mais l’approvisionnement en gaz de la région sera largement tributaire des importations, indique le rapport de l’AIE, ajoutant que l’UE ne peut se permettre de réduire sa diversité énergétique et doit investir dans la résilience du secteur de l’électricité.
Selon le rapport de l’AIE, l’UE représente une part relativement faible des émissions mondiales de gaz à effet de serre (8 %), une action mondiale en faveur du climat et des partenariats mondiaux seront essentiels pour amplifier ses ambitions en matière de climat.