22 octobre 2020

La loi européenne sur le climat est un premier pas dans la bonne direction

Cette semaine du 5 au 9 octobre a été importante pour notre climat. Le Parlement européen a fait un premier pas important vers la protection du climat. Nous avons voté en faveur d’une réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, décidé de mettre fin aux subventions pour les combustibles fossiles, convenu d’un budget CO2 pour l’Europe et d’établir un conseil scientifique du climat, cimentant ainsi les ambitions européennes en matière de climat dans des clauses contraignantes. Cela va au-delà de la proposition de la Commission de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre et met à leur place des voix rétrogrades, bien qu’avec une très faible majorité.

Une loi européenne sur le climat est sans aucun doute cruciale pour respecter l’accord de Paris et pour tenir le réchauffement climatique à distance. Les votes en plénière ont en effet constitué un jalon pour la protection du climat – mais si beaucoup célèbrent un “énorme succès pour le climat”, nous devons être très clairs sur le fait que nous sommes loin de nous reposer sur nos lauriers.

Il n’est pas nécessaire de regarder très loin pour voir que le temps presse : Les forêts brûlent, les calottes polaires fondent et nous avons un bilan inquiétant de canicules en Europe, qui ont même fait disparaître l’éternelle bruine de Bruxelles. En d’autres termes : Si nous prenons l’accord de Paris au sérieux, si nous voulons maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré et si nous voulons vivre dans une Europe climatiquement neutre d’ici 2050, notre travail n’est même pas près d’être terminé. Et il ne sera jamais achevé si nous continuons à nous rabattre sur des compromis faibles.

La réduction de 60 % des émissions au cours de la prochaine décennie est déjà un objectif ambitieux, mais la commission ENVI aurait dû viser plus haut et rater une occasion importante en ne s’accordant pas sur une réduction de 65 % des émissions d’ici 2030.

Néanmoins, aussi ambitieux que soient nos objectifs, nous devrons agir sans hésitation et, en particulier, le secteur européen de l’énergie devra faire ses preuves en tant qu’industrie dynamique, moderne et tournée vers l’avenir, garantissant un approvisionnement énergétique suffisant et ne mettant pas en péril l’emploi. Cela signifie que nous devons rester ouverts aux nouvelles technologies appropriées pour la production d’énergie et trouver les technologies adéquates pour la phase de transition entre aujourd’hui et une Europe climatiquement neutre. Cela ne sera probablement pas possible sans compromis, mais nous devons nous assurer qu’un tel compromis n’annulera pas les progrès que nous avons réalisés et ne mettra pas en péril les objectifs climatiques.

En parcourant les documents relatifs à la loi sur le climat, on pourrait trouver des considérations qui vous font frotter les yeux d’incrédulité. Certains députés européens ne semblent pas avoir tiré de leçons de la science ou de l’histoire récente, mentionnant le mot “nucléaire” comme une possibilité de neutralité climatique. L’énergie nucléaire n’est en aucun cas sans empreinte carbone. Outre la question évidente de savoir où stocker les barres de combustible radioactif brûlées, toute la chaîne de production de l’énergie nucléaire émet des gaz à effet de serre.

L’énergie nucléaire est une dangereuse pseudo-solution à la crise climatique, qui est encore incontrôlable pour nous. Actuellement, les scientifiques et les politiciens allemands se disputent le bon endroit pour un site de stockage permanent. Sans qu’aucune solution ne soit encore en vue. Quiconque est sérieux quant aux solutions neutres pour le climat ne devrait pas prendre de décisions à courte vue en matière d’énergie face à l’une des plus grandes menaces auxquelles l’humanité moderne est confrontée.

Au lieu de dépenser de l’argent pour réaménager des technologies qui ne sont ni sûres, ni durables, ni climatiquement neutres, nous devons investir dans les énergies renouvelables. La politique doit comprendre que nous devons être courageux en matière de durabilité et que nous devons rechercher des solutions qui sont en fait neutres pour le climat et qui ne fonctionnent pas avec des ressources fossiles ou radioactives.

Une modification du cadre réglementaire devrait également permettre d’agir rapidement pour entrer dans la phase de transition énergétique et de rester ouvert aux nouvelles technologies. Afin de prévoir des ressources financières adéquates pour la phase de transition, nous devons activer le budget du “Green Deal”. La politique a maintenant l’élan et l’occasion unique de gagner l’industrie à ce changement de système important, étant donné que les bonnes exigences réglementaires sont prévues et que des ressources financières suffisantes sont disponibles. Cela signifie également que nous devrons ajuster le cadre juridique concernant les règles relatives aux aides d’État. Nous devons veiller à ce que, dans certains cas, les frais de fonctionnement (OPEX) soient couverts pendant la phase de transition.

Cette semaine a été un premier pas dans la bonne direction. Nous devons cependant garder à l’esprit que cette semaine a également été une semaine de compromis. Ce qui importe maintenant, c’est que les prochaines étapes nous rapprochent des objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés. Nous devrons être courageux et raisonnables, en finançant les technologies qui ont à cœur la mission du Green Deal.