14 août 2020

Chypre va de l’avant avec les travaux de construction d’un terminal GNL en vue du marché de l’UE

La Compagnie d’infrastructure de gaz naturel de Chypre (ETYFA) a publié l’avis de procédure au consortium qui s’est vu attribuer les travaux de construction du projet de gaz naturel liquéfié (GNL) à Chypre, le président de la Compagnie publique de gaz naturel de Chypre (DEFA) Syméon Kassianides a déclaré la Nouvelle Europe dans une interview le 24 juin. “Le lancement du projet de terminal est prévu pour le 9 juillet avec une cérémonie qui aura lieu à Vasilikos avec la participation des autorités chypriotes et de toutes les parties prenantes de ce grand projet énergétique d’une importance stratégique et environnementale significative”, a-t-il déclaré.

Selon M. Kassianides, l’ETYFA a obtenu une subvention de 101 millions d’euros de la facilité Connecter l’Europe (CEF) Énergie, a reçu 43 millions d’euros sous forme de financement en fonds propres de la part de l’Électricité de Chypre, tandis que le conseil d’administration de la Banque européenne d’investissement (BEI) a approuvé un financement de 150 millions d’euros et que le conseil d’administration de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a approuvé un financement supplémentaire de 80 millions d’euros pour la construction du terminal d’importation de GNL de Chypre. “Nous sommes donc confiants que le financement du projet est entièrement assuré”, a-t-il déclaré. Il est estimé que le projet sera achevé en 24 mois. Ainsi, il est prévu que le premier GNL arrivera à Chypre au cours de l’été 2022.

Le projet prévoit l’acquisition d’une FSRU, la construction d’une jetée, de pipelines et de toutes les infrastructures connexes. “Chypre va dans la bonne direction car il est largement considéré que le passage au gaz naturel n’est pas seulement notre stratégie nationale visant à réduire le coût très élevé de l’électricité pour tous les consommateurs, mais aussi notre engagement européen à atteindre les objectifs environnementaux et énergétiques fixés par l’Union européenne”, a déclaré M. Kassianides. Le consortium d’Aphrodite poursuit son plan de développement et de production, qui permettra d’approvisionner en grande partie l’Europe et le marché international, a-t-il déclaré, ajoutant que les synergies potentielles entre ses propres réserves et le terminal GNL seront explorées ultérieurement.

Le consortium est composé de deux entreprises chinoises et de deux entreprises européennes. Il s’agit d’un contrat EPCOM (Engineering Procurement Construction Operations and Maintenance). Les installations seront entièrement détenues par ETYFA, il n’y a donc pas de propriété ou d’investissement étranger. Quant au processus de conversion d’un méthanier en FSRU, il s’agit d’une approche éprouvée, a-t-il déclaré, ajoutant que c’était la solution optimale en termes d’exigences, de calendrier et de coût disponible pour le projet.

Le rôle du DEFA est l’achat/l’importation et la distribution de gaz naturel pour les besoins de Chypre, a expliqué M. Kassianides. L’exportation de gaz naturel ne relève pas du DEFA. L’exploitation et la monétisation des réserves de gaz naturel chypriotes incombent à la Cyprus Hydrocarbons Company (CHC), qui est responsable de l’exploration et de la production dans la zone économique exclusive (ZEE) de Chypre. L’objectif de la CHC est de découvrir et de développer des hydrocarbures et de les mettre sur le marché pour les deux utilisations potentielles à Chypre, mais il est prévu que la plupart du gaz sera vendu à l’international.

Il a déclaré que l’exploitation des ressources en hydrocarbures dans la ZEE de Chypre est une priorité pour le gouvernement chypriote. Un autre facteur important est la libéralisation du marché de l’électricité où, sur ce nouveau marché, les producteurs et les fournisseurs d’électricité seront désormais en concurrence sur un pied d’égalité, a-t-il dit.

M. Kassianides a déclaré à la Nouvelle Europe qu’elle pouvait exporter d’autres ressources de gaz naturel vers d’autres pays de l’UE.

Les pays européens, qui contribuent à la sécurité énergétique de l’UE. Chypre prévoit que la production initiale de gaz naturel du champ d’Aphrodite commencera entre 2024 et 2025. Un scénario privilégié et probable consiste à transporter le gaz du gisement d’Aphrodite par gazoduc jusqu’en Égypte, où il sera liquéfié et exporté vers l’Europe et d’autres pays. “Avec de nouvelles découvertes, la contribution à la sécurité énergétique de l’UE augmentera et pourrait prendre d’autres formes. Nous devons garder à l’esprit le travail soutenu par l’UE dans le cadre du gazoduc EastMed”, a-t-il déclaré.

Compte tenu de la faiblesse des prix de l’énergie suite à la pandémie de coronavirus, le grand groupe américain ExxonMobil a décidé de geler l’exploration du bloc 10 et les groupes français Total et italien ENI ont reporté leurs activités de forage. Toutefois, M. Kassianides a déclaré qu’à moyen et long terme, c’est-à-dire le temps nécessaire pour faire de nouvelles découvertes et pour réussir le développement des champs et la monétisation des réserves, il y a la conviction que les perspectives d’exportation de la Méditerranée orientale restent prometteuses. Il a ajouté que les besoins en énergie et en électricité continueront à croître. “Cela signifie que le marché du gaz EastMed va se développer”, a déclaré M. Kassianides, ajoutant : “Tout indique que les sociétés reprendront leurs activités de forage en 2021”.

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