Pourquoi la France et l’Europe envient le stimulus Biden – Barron’s

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L’association caritative “Restos du Cœur” distribue de la nourriture et des produits aux étudiants de Marseille, France.

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Emmanuel Macron a été la semaine dernière le premier dirigeant européen à suggérer à l’Union européenne de décider d’un autre cycle important de relance budgétaire, sur le modèle du paquet de 1,9 billion de dollars adopté par le Congrès américain il y a deux semaines.

«Les États-Unis seront de retour au niveau d’avant la crise d’ici le milieu de 2021, et le plus important reprendront leur [growth] trajectoire très bientôt », les Français le président a dit après un sommet vidéo des dirigeants de l’UE, notant que l’économie européenne ne reviendra à son niveau prépandémique qu’au printemps 2022.

Macron a poursuivi en se plaignant que l’Europe était «trop lente, trop complexe, trop submergée par la bureaucratie», et a demandé une réponse «plus rapide, plus forte» à la nouvelle crise.

Il a oublié de mentionner une chose: le calendrier politique en France et en Allemagne, ce qui explique en partie la raison pour laquelle Macron et la chancelière allemande Angela Merkel hésitaient à s’attaquer de front à la nouvelle vague du virus en début d’année.

Des élections générales sont prévues en Allemagne en octobre, Merkel prenant sa retraite après 16 ans à la tête de la plus grande économie d’Europe. Et Macron se présentera à la réélection en mai 2022, date à laquelle il devra probablement repousser à nouveau son challenger populiste d’extrême droite en 2017, Marine Le Pen.

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Les deux grandes puissances européennes sont prises dans un cercle vicieux en raison de ce moment électoral: en décembre, la politique était un obstacle à de graves verrouillages de Covid-19. L’absence de verrouillage, couplée aux campagnes de vaccination ratées de l’Europe, a permis à la pandémie de revenir, cette fois avec de nouvelles variantes. Le retour de la pandémie a finalement déclenché des restrictions tardives et aléatoires. Et les restrictions retarderont la reprise économique dans toute l’UE, ce qui rendra le besoin de mesures de relance plus évidentes d’ici une semaine.

Mais comme Macron le sait bien, toute tentative de parler de nouvelles politiques budgétaires communes dans l’UE est susceptible de frapper le mur de la politique: il a fallu des mois à l’Union l’année dernière pour décider de son tout premier plan de relance financé conjointement, un budget de 750 milliards d’euros. combinaison de subventions et de prêts pour aider les États membres à amortir le coup de la première vague de la pandémie.

Un an plus tard, pas un cent du plan n’a été dépensé. Les gouvernements se sont mis d’accord sur le principe en juillet, il leur a fallu encore quelques mois pour s’entendre sur les détails, et le Parlement européen n’a approuvé le plan que le mois dernier. Les gouvernements nationaux et la Commission européenne sont actuellement en train de négocier les moyens de dépenser l’argent de la soi-disant Facilité de relance et de résilience.

Il est facile de voir pourquoi Macron a des raisons d’être envieux des États-Unis, où le Congrès a donné son dernier feu vert au plan de relance de Biden 48 jours seulement après l’investiture du nouveau président.

La France a également des raisons de souhaiter plus de soutien économique. Il devient progressivement le point problématique de l’Europe, alors que de nouvelles variantes du virus, associées à la réticence de Macron à imposer des restrictions strictes, menacent le pays d’une troisième vague majeure de la pandémie. La semaine dernière, l’Allemagne a mis la France sur la liste des pays à haut risque dont les voyageurs seraient soumis à de sévères restrictions de voyage, et le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré qu’il envisageait des mesures similaires.

Mais il y a de solides arguments en faveur d’une relance européenne plus coordonnée et conjointe. Les gouvernements nationaux font déjà ce qu’ils peuvent en ajoutant quelques milliards, ici et là, aux dépenses importantes qu’ils ont décidées l’année dernière lorsque le virus a frappé. Mais la plupart hésitent à aller plus loin, avec des niveaux de dette nationale qui ont augmenté d’environ 15 à 20% du produit intérieur brut dans la région. La meilleure façon d’alléger le fardeau de la dette est de stimuler la croissance. C’est là qu’un plan conjoint, semblable à celui de l’an dernier, pourrait aider.

L’Organisation de coopération et de développement économiques a récemment estimé que le stimulus Biden, ainsi que les progrès des vaccinations, ajouteraient 3% de la croissance du PIB à l’économie américaine cette année et 1% à l’économie mondiale. L’Europe bénéficiera également de la politique expansionniste des États-Unis, mais là, la prévision de l’organisation internationale n’a été révisée à la hausse que d’un maigre 0,3 point de pourcentage.

L’économie américaine a reculé de 3,5% l’an dernier et devrait rebondir de 6,8% en 2021, a indiqué l’OCDE. En revanche, la zone euro a chuté de 6,8% en 2020 et progressera de 3,9% cette année. En d’autres termes: la récession américaine de l’année dernière était la moitié de celle de l’Europe. Son rebond cette année sera deux fois plus rapide. Pas étonnant que les Européens deviennent envieux du type de politiques qui peuvent produire de tels résultats.

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