Orientation opérationnelle : La responsabilité des données dans l’action humanitaire, Groupes de résultats 1 sur la réponse opérationnelle, février 2021 – Monde

Résumé

La responsabilité des données dans l’action humanitaire est la gestion sûre, éthique et efficace des données personnelles et non personnelles pour la réponse opérationnelle. Il s’agit d’une question cruciale pour le système humanitaire et les enjeux sont élevés.

S’assurer que nous ne faisons pas de mal tout en maximisant les avantages des données nécessite une action collective qui s’étend à tous les niveaux du système humanitaire. Les humanitaires doivent être prudents lorsqu’ils manipulent des données pour éviter de faire courir des risques supplémentaires à des personnes et des communautés déjà vulnérables. Cela est particulièrement important dans les contextes où l’urgence des besoins humanitaires pousse à rechercher des solutions rapides, parfois non éprouvées, en matière de données, et où la politisation des données peut avoir des conséquences plus extrêmes pour les personnes. Par exemple, la divulgation du lieu ou de l’identité ou de l’affiliation particulière d’un individu ou d’une communauté pourrait conduire à des attaques ciblées, à l’exclusion sociale et/ou à la stigmatisation, entre autres préjudices potentiels. Outre le fait d’éviter les préjudices, la gestion sûre, éthique et efficace des données présente un certain nombre d’avantages : elle peut conduire à une prise de décision plus éclairée et plus transparente, à une réponse humanitaire plus efficace et à une confiance accrue entre les acteurs humanitaires et avec les personnes qu’ils cherchent à servir.

La mise en œuvre de la responsabilité en matière de données dans la pratique est souvent incohérente dans et entre les contextes d’intervention humanitaire. Cela est vrai malgré les principes, les normes et les standards professionnels établis concernant le respect des droits des populations affectées, la gamme de ressources sur la responsabilité des données disponibles dans la communauté internationale des données au sens large, ainsi que les efforts importants déployés par de nombreuses organisations humanitaires pour développer et mettre à jour leurs politiques et orientations dans ce domaine. Toutefois, étant donné que l’écosystème des données humanitaires est intrinsèquement interconnecté, aucune organisation ne peut relever seule tous ces défis. Bien que chaque organisation soit responsable de ses propres données, les organisations humanitaires relevant du Comité permanent interorganisations (IASC) – qui regroupe des entités des Nations unies, des consortiums d’organisations non gouvernementales (ONG) et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge – ont besoin d’orientations normatives communes à l’échelle du système pour éclairer les actions individuelles et collectives et pour maintenir une norme élevée en matière de responsabilité des données dans différents environnements opérationnels.

Dans cette optique, le Groupe de résultats 1 du CPI a créé un sous-groupe1 sur la responsabilité des données en janvier 2020 pour élaborer ce guide opérationnel commun à l’échelle du système sur la responsabilité des données dans l’action humanitaire.

Le guide opérationnel est divisé en quatre sections :

  • La première section décrit la raison d’être et l’approche du guide, offre un aperçu de la responsabilité des données dans l’action humanitaire, et clarifie l’audience et la portée du document.

  • La deuxième section présente un ensemble de principes pour la responsabilité des données dans l’action humanitaire.

  • La troisième section décrit les actions clés pour la responsabilité des données à prendre à différents niveaux de la réponse humanitaire, y compris les rôles et responsabilités spécifiques pour la réalisation de ces actions.

  • La quatrième section est un ensemble d’annexes qui offrent des définitions clés, des exemples de modèles et d’outils pour la responsabilité des données, des ressources et des références, ainsi que des informations générales sur l’élaboration des orientations opérationnelles.

Compte tenu de la nature dynamique et évolutive des défis et des possibilités liés à la responsabilité des données dans l’action humanitaire, la présente orientation opérationnelle sera revue et mise à jour tous les deux ans dans le cadre d’un processus de collaboration et de consultation.