Musulmans de France – litige concernant la construction d’une mosquée à Strasbourg – Stuttgarter Nachrichten

La mosquée de Strasbourg doit pouvoir accueillir 2500 fidèles. Mais il y a maintenant un différend au sujet de la subvention de plusieurs millions d’euros accordée par la ville. Photo : AFP/FREDERICK FLORIN


Le ministre français de l’Intérieur, M. Darmanin, souhaite que la ville revoie sa subvention de construction de 2,5 millions d’euros.

Paris – La plus grande mosquée d’Europe va être construite à Strasbourg. C’est du moins ce que déclare l’organisation musulmane Milli Görüs dans une vidéo promotionnelle. Cependant, la construction, qui est déjà bien avancée et qui est censée offrir un espace pour 2500 croyants, cause maintenant beaucoup de problèmes. Le gouvernement de Paris y voit une “influence” inadmissible de la Turquie sur les musulmans de France, comme l’a fait savoir le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin via Twitter. En Allemagne, Milli Görüs a été contrôlé à plusieurs reprises par l’Office pour la protection de la Constitution et entretient des liens étroits avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le ministre de l’Intérieur contre une subvention d’un million d’euros

La construction en Alsace n’aurait guère attiré l’attention du lointain Paris si le conseil municipal de Strasbourg n’avait pas annoncé ces jours-ci qu’il soutiendrait la mosquée à hauteur de 2,5 millions d’euros. Ainsi, Darmanin, qui aime jouer les durs au sein du cabinet, a également profité de son intervention pour s’en prendre clairement à la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui appartient au parti des Verts. Darmanin a demandé à la préfecture locale de renvoyer la décision sur la subvention à un juge administratif.

À l’hôtel de ville, cependant, les gens ont exprimé leur “grande surprise” face à l’accusation du ministre de l’Intérieur. Mme Barseghian a souligné que la construction de la mosquée avait été planifiée bien avant son mandat. En outre, la ville a exigé de Milli Görüs, en échange de la subvention d’un million de dollars, non seulement “un plan de financement transparent”, mais aussi “une confirmation des valeurs de la république”.

Milli Gürös s’oppose au code des valeurs

Toutefois, cela ne semble pas suffire au ministre de l’Intérieur, M. Darmanin. Car Milli Görüs refuse depuis des mois de signer un code de valeurs sur la compatibilité du culte islamique avec la république et les valeurs démocratiques, que le président Emmanuel Macron exige des associations islamiques de France. Ce document, qui stipule entre autres l’égalité des hommes et des femmes ou la séparation de l’État et de l’Église, a provoqué un grand conflit entre les différentes communautés musulmanes et est rejeté par de nombreuses organisations. Eyup Sahin, représentant régional de Milli Görüs, a expliqué que le code de valeurs n’avait été élaboré que par quelques représentants des musulmans. “Si nous devons signer une charte, elle doit être une charte à laquelle nous avons contribué tous ensemble”.




La pression sur les associations augmente

Au vu de plusieurs attentats terroristes islamistes perpétrés ces derniers mois, le gouvernement français a augmenté la pression sur les communautés musulmanes. Macron a donc également introduit une loi pour lutter contre l’islamisme. Elle vise à rendre les mosquées de France plus indépendantes de l’influence étrangère – y compris de la Turquie. Ankara envoie des imams et des millions de dollars de financement en France chaque année.

Cependant, les tensions entre les deux pays ne se limitent pas au domaine de la religion. Ces jours-ci, dans une interview à la chaîne France 5, Emmanuel Macron a dit craindre une ingérence de la Turquie dans les prochaines élections. Les élections régionales sont prévues en France en juin, et l’élection présidentielle est à l’ordre du jour dans 13 mois. Le ministère turc des affaires étrangères a rejeté les allégations formulées dans l’interview télévisée, les qualifiant d'”injustes et sans fondement”.