Manifeste constitution forum développement zones internes d’Enna et pente sud Nebrodi – Live Enna

“L’Italie sera ce que le Sud sera”, prévenait Giuseppe Mazzini il y a un siècle et demi. Plus qu’un avertissement, cette déclaration s’avère être une prophétie qui se réalise aujourd’hui. Le Plan National de Relèvement et de Résilience (PNRR) le rend intelligible, sans aucune possibilité de malentendu, et représente une grande et unique opportunité pour mettre immédiatement en marche un processus de péréquation entre le Nord et le Sud de l’Italie.
L’Italie est le pays de l’Union européenne (UE) qui se développe le moins. La pandémie de Covid, qui a pour effet de ralentir, voire d’arrêter complètement la croissance, a creusé le fossé entre le Nord et le Sud de l’Italie, ce qui entraîne le pays tout entier vers le bas. L’Europe a pris conscience de cet énorme problème et s’en préoccupe, non par philanthropie, mais par intérêt objectif. L’Italie représente un élément d’identité très fort et occupe une position stratégique dans la Méditerranée, qui est redevenue le centre du monde.
L’Europe est consciente que l’Italie n’a aucune perspective sans le Mezzogiorno. C’est pourquoi elle a changé d’attitude à l’égard de l’Italie et a mis à disposition des ressources importantes qui doivent être utilisées pour activer des processus de croissance plus équilibrée. Sur les 209 milliards d’euros du PNRR, la majeure partie doit être investie, selon les indications de l’UE, dans le Mezzogiorno, pour réduire l’écart avec le Nord. L’utilisation de ces fonds doit être liée à des objectifs précis de développement local et de résorption des déséquilibres territoriaux, générationnels et de genre et d’amélioration de la qualité des services de citoyenneté (santé, éducation et mobilité). Afin d’atteindre ces objectifs, il est nécessaire d’améliorer la capacité de dépense de l’administration publique. Afin d’éviter de reproduire ce qui s’est passé avec les 73 milliards du cycle 2014-2020 de programmation des fonds européens, dont seulement 34 milliards ont été dépensés. D’où l’urgence d’un renforcement décisif des structures techniques et opérationnelles de l’administration publique en introduisant, notamment, dans l’organisation des bureaux et services des communes, de nouvelles figures professionnelles utiles à la gestion des ressources du PNRR.
Dans ce scénario, à certains égards sans précédent, où réapparaît avec force la question méridionale, vous n’entendez pas la voix des institutions municipales, les organisations représentant la façon de travailler, les entreprises et les associations des zones internes de Enna et le côté sud de la Nebrodi. Attirer l’attention de tous ces acteurs sociaux du territoire sur ces questions est la tâche qui a été confiée aux associations promouvant le forum sur le développement des zones internes, un forum inclusif et ouvert.
Il n’est pas facile d’atteindre cet objectif dans un contexte caractérisé par une grande fragmentation, qui nécessite une recomposition. Un contexte fragmenté, comme l’est le contexte territorial et institutionnel de la zone d’Enna, a une voix faible et une faible capacité de représentation politique et sociale. Les zones internes de la région d’Enna sont fortement affaiblies sur le plan social et économique. Et ce, malgré les importantes ressources financières qui ont accompagné le pacte territorial, le général et l’agriculture, les deux groupes d’action locale (Gal), les deux projets territoriaux intégrés (Pit) et la naissance de l’université de Kore. La population de la province d’Enna passe de 176 496 habitants en 2002 à 160 161 en 2020. Ils sont fortement réduits dans les districts du textile-habillement Valguarnera et du caoutchouc et du plastique Regalbuto. Sur les 60.000 personnes en âge de travailler, 39.000 ont un emploi et 21.000 sont au chômage.
Le PNRR est divisé en 6 Missions, qui regroupent à leur tour 16 composantes dans lesquelles se concentrent 47 lignes d’intervention pour des projets uniformes et des réformes cohérentes :
Mission 1 – Numérisation, innovation, compétitivité et culture (45,9 milliards),
Mission 2-Révolution verte et transition écologique (68,9 milliards),
Mission 3-Infrastructure pour la mobilité durable (32 milliards),
Mission 4 – Éducation et recherche (27,9 milliards),
Mission 5-Inclusion et cohésion (27,6 milliards),
Mission 6- Santé (19,7 milliards)
Le PNR comporte trois priorités transversales :
Les femmes,
la jeunesse,
Sud.
Les objectifs transversaux du PNR sont les suivants :
L’autonomisation des femmes et la lutte contre la discrimination sexuelle,
Améliorer les compétences, les capacités et les perspectives d’emploi des jeunes ;
rééquilibrage territorial et développement du Mezzogiorno.
Le troisième volet ” Interventions spéciales de cohésion territoriale ” de la Mission 5 ” Inclusion et Cohésion “, prévoit le renforcement de la Stratégie des espaces intérieurs relancée par le Plan Sud 2030. Les ressources totales prévues pour ce volet sont de 4,2 milliards d’euros. Ce volet est destiné aux zones caractérisées par un accès limité aux services de base, des désavantages socio-économiques et le dépeuplement.
La troisième composante “Tourisme et Culture” de la Mission 1 “Numérisation, Innovation, Compétitivité et Culture”, prévoit une ligne d’intervention sur les petits villages ruraux historiques, avec un Plan National Borghi” avec des acteurs publics et privés, organisés sociaux, troisième secteur, fondations et associations culturelles, universités, centres de recherche, institutions de formation sans but lucratif, entreprises et professionnels.
La mission 1 ” Numérisation, innovation, compétitivité et culture “, prévoit des lignes d’intervention pour la numérisation et la modernisation de l’administration publique pour la mise en œuvre du PNRR et le recrutement de personnel avec de nouveaux profils professionnels, avec des procédures de recrutement plus rapides pour favoriser le changement générationnel.
Dans les 6 Missions il y a des lignes d’intervention adressées à un territoire comme la province d’Enna et le côté sud des Nebrodi caractérisé par :
une tendance forte et inexorable à la diminution et au vieillissement de la population ;
Le réseau routier, en particulier celui de la province, est en très mauvais état, ce qui empêche l’exercice du droit de citoyenneté à la mobilité ;
un faible niveau de scolarité ;
l’insuffisance des investissements dans la recherche et l’innovation ;
l’absence de plan de gestion des déchets et les coûts exorbitants du service de l’eau ;
l’instabilité hydrogéologique ;
l’inaccessibilité des sites archéologiques ;
un faible niveau d’industrialisation ;
un faible niveau de numérisation ;
la négligence rurale et la criminalité dans les campagnes ;
une administration publique médiocre au niveau de l’État, des régions et des communes, avec un personnel dont la moyenne d’âge est très élevée en raison du gel du renouvellement du personnel et qui manque de structures et de professionnels compétents pour garantir le soutien spécialisé nécessaire à la mise en œuvre concrète des projets ; une administration publique lente et lourde, peu numérisée, qui freine toute tentative d’entreprendre des jeunes et des femmes et renforce ce sentiment de résignation de plus en plus répandu parmi les nouvelles générations et les femmes.

D’autre part, les zones intérieures représentent le bastion de l’identité nationale, en effet, les villes de l’intérieur conservent des coutumes, des traditions et des traditions inchangées, les actifs intangibles qui rendent notre Nation unique ; et maintenant la pandémie de covid-19 a montré comment une redistribution de la population est opportune, qui allège la charge des zones métropolitaines, en décentralisant certains services, tout en maintenant une connexion solide et rapide avec le territoire environnant.

La fragmentation et la fragilité sociale et institutionnelle sont des traits caractéristiques de ce territoire, que l’on peut saisir dans de nombreux domaines : de l’économie et des filières locales d’approvisionnement en énergies renouvelables, en contraste avec la protection des terres agricoles contre les intérêts spéculatifs, à la déconnexion avec le système scolaire. C’est précisément en raison de ces caractéristiques que ces zones intérieures posent, dans le scénario de pandémie dans lequel nous vivons, de grands défis en même temps que d’importantes opportunités, car elles représentent les seuls endroits où construire des modèles d’innovation et de développement pour rééquilibrer le système de relations avec la zone métropolitaine plus forte de Catane.

Des modèles d’innovation et de développement qui ne peuvent être imposés d’en haut, à travers des plans conçus et mis en œuvre uniquement par des sujets institutionnels et leurs techniciens, sans une vision précise des exigences, des besoins et des désirs des communautés vivant dans ces zones et sans une participation active de cette même communauté, à travers ses associations et ses composantes individuelles.
La participation doit être conçue et mise en œuvre comme une série d’activités dans lesquelles les institutions et leurs techniciens interagissent en permanence avec toute personne désireuse de participer, d’apprendre quelque chose de nouveau mais aussi d’apporter sa contribution.

L’événement, qui aura lieu le lundi 22 mars à 21 heures, sera diffusé en direct par ViviEnna.