Macron va annoncer la réduction des troupes au Sahel : sources – FRANCE 24

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Paris (AFP)

Le président français Emmanuel Macron devrait annoncer jeudi un retrait partiel des troupes françaises déployées dans la région du Sahel en Afrique depuis près d’une décennie pour combattre les insurgés djihadistes, ont indiqué à l’AFP trois sources connaissant le plan.

La question devrait être discutée lors d’une réunion du conseil de défense avant une rare conférence de presse de Macron plus tard dans la journée, ont indiqué les sources, demandant à ne pas être identifiées par leur nom.

L’armée française s’est refusée à tout commentaire lorsqu’elle a été contactée par l’AFP.

La France compte actuellement 5 100 soldats dans la région aride et volatile du Sahel, qui s’étend à travers l’Afrique sous le désert du Sahara et s’étend sur une demi-douzaine de pays.

L’opération Barkhane remonte à un premier déploiement entrepris à partir de janvier 2013 alors que Paris cherchait à répondre à l’instabilité croissante dans la région causée par les militants islamistes.

Pendant des années, Macron a essayé d’obtenir des alliés occidentaux qu’ils aident à assumer le fardeau d’une lutte antiterroriste qui vise à empêcher les extrémistes islamistes d’exploiter la colère contre la pauvreté et les gouvernements inefficaces.

L’assassinat en avril du leader vétéran du Tchad, un proche allié de Paris, et un coup d’État au Mali le mois dernier ont également souligné la menace posée par la persistance de l’instabilité politique dans la région.

Une présence djihadiste dans la région pourrait faciliter l’envoi de combattants en Europe pour mener des attaques terroristes, préviennent les responsables.

Mais malgré quelques succès de la force française Barkhane, notamment l’assassinat l’an dernier du chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, les insurgés ont continué à perpétrer des attaques meurtrières.

Et jusqu’à présent, seules quelques centaines de soldats participent au groupe de travail international Takuba, y compris des Estoniens et des Tchèques, et Macron n’a pas réussi à obtenir des contributions importantes des plus grands alliés européens de la France.

Une force antiterroriste conjointe des pays du G5 – Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger – reste en proie à un manque d’équipement, de fonds et de formation.

L’effort anti-insurrectionnel a coûté la vie à 50 soldats français, provoquant des appels en France pour un examen de la mission de Barkhane et des spéculations selon lesquelles Macron était prêt à ramener des troupes à la maison.

“Des changements susceptibles d’être importants seront apportés à notre déploiement militaire au Sahel le moment venu, mais ils ne seront pas apportés immédiatement”, a déclaré Macron en février à l’issue d’un sommet vidéo avec les dirigeants des pays du G5.

– Vide de sécurité ? –

Dans la région du Sahel même, la présence des forces françaises est également rejetée par certains politiciens et habitants comme un retour colonial en arrière.

L’annonce de Macron pourrait imposer la sécurité au Sahel à l’ordre du jour d’une réunion des dirigeants du G7 en Grande-Bretagne de vendredi à dimanche, et d’un sommet de l’alliance militaire de l’OTAN à Bruxelles le 14 juin.

Le Sahel est considéré par de nombreux politiciens et experts occidentaux comme un risque majeur en raison de la montée en puissance des groupes djihadistes, ainsi que de son rôle de carrefour pour le trafic d’armes et de personnes.

Les dirigeants des pays du G5 ont averti Macron en février qu’ils auraient du mal à empêcher les insurgés de faire de nouvelles incursions en cas de retrait rapide de la France.

Depuis lors, le dirigeant vétéran du Tchad et proche allié de la France, Idriss Deby Itno, a été tué, tandis que le Mali a subi un deuxième coup d’État en neuf mois qui a mis à rude épreuve les relations avec Paris.

La semaine dernière, la France a suspendu ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes et a cessé de fournir des conseils en matière de défense, dans l’attente de “garanties” que les dirigeants militaires du pays organiseront des élections en février.