L’UE, mais aussi la Chine et la Russie sont dans le collimateur des nouvelles sanctions. Pékin riposte – Il Sole 24 ORE

Les points clés

  • La Chine et la Russie font également l’objet de nouvelles sanctions de l’UE pour violation des droits de l’homme.
  • Bruxelles sanctionne quatre fonctionnaires chinois et une entité pour des abus à l’encontre de la communauté ouïgoure et Moscou pour des actes de torture à l’encontre de militants Lgbt et tchétchènes.
  • Représentations immédiates de Pékin

Bruxelles – Les tensions s’aggravent entre Bruxelles d’une part, Pékin et Moscou d’autre part. Les Vingt-Sept ont décidé d’appliquer le 22 mars le nouveau régime de sanctions réservé aux pays qui violent les droits de l’homme. Six pays ont été touchés, dont la Chine et la Russie. Les premières mesures de rétorsion ont été immédiatement prises par le gouvernement chinois, notamment contre des membres du Parlement européen. Entre-temps, des sanctions ont également été imposées au Myanmar (anciennement Birmanie).

Réunis ici à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé de sanctionner quatre responsables chinois et une entité pour des abus contre la communauté ouïghoure, de religion musulmane et située dans la région du Xinjiang. D’autres sanctions ont été décidées à l’encontre de la Libye, accusée de meurtres et d’enlèvements ; de la Russie, en raison des tortures infligées aux militants LGBT et aux opposants politiques en Tchétchénie ; du Sud-Soudan et de l’Érythrée à la suite d’exécutions arbitraires.

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Les représailles de Pékin

Ces sanctions – imitées par Washington, Londres et Ottawa – entraînent le gel de tous les avoirs financiers en Europe et l’interdiction de voyager dans l’Union européenne. Les mesures, qui concernent 11 personnes et quatre entités dans six pays, sont fondées sur un nouveau régime de sanctions visant à lutter contre les violations des droits de l’homme, élaboré à la fin de l’année dernière sur le modèle du mécanisme américain connu sous le nom de Magnitsky Act (voir Il Sole/24 Ore du 8 décembre 2020). La Chine a réagi instantanément. Depuis hier, Pékin a sanctionné dix représentants de l’UE, dont certains députés européens : le vert allemand Reinhard Butikofer, le populaire allemand Michael Gahler, le socialiste français Raphael Glucksmann, le libéral bulgare Ilhan Kyuchyuk et la populaire slovaque Miriam Lexmann.

Le gouvernement chinois les a accusés de “porter gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine en diffusant des mensonges et des informations erronées”. Pékin a également sanctionné l’organe diplomatique européen qui a décidé techniquement des sanctions, à savoir le Comité politique et de sécurité. Les sanctions chinoises comprennent une interdiction de voyager, y compris pour les familles des personnes visées. Depuis Bruxelles, de nombreuses personnalités politiques ont critiqué la décision chinoise de s’en prendre aux parlementaires. Lors d’une conférence de presse, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité, Josep Borrell, a qualifié les représailles chinoises d'”inacceptables”. L’initiative européenne n’a pas non plus plu à Moscou, qui fait déjà l’objet de sanctions (cf. Le soleil/24 heures du 23 février). Le président du Conseil européen s’est entretenu hier au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine.

Michel : la relation avec la Russie est “au plus bas”.

Charles Michel a décrit les relations avec la Russie comme étant “au plus bas”, appelant à “l’arrêt des cyberattaques” contre les États membres. La Haute représentante a dénoncé “une dérive vers un État autoritaire”, tandis que Moscou a qualifié l’attitude européenne de “contradictoire”. Certains observateurs se demandent si le fait de sanctionner des pays de manière générale sur le plan des droits de l’homme est compatible avec les intérêts économiques de l’Union et si l’initiative ne risque pas de se révéler contradictoire ou incohérente.