Les médecins préviennent que les unités de soins intensifs de Paris pourraient être submergées par l’afflux de Covid-19 – CNN

“Nous serons obligés de sélectionner les patients qui auront accès aux USI et ceux qui n’y auront pas accès afin de sauver le plus de vies possible. Ce triage concernera tous les patients, Covid et non-Covid, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins critiques pour les patients adultes”, peut-on lire dans l’éditorial.

Dans la nuit de samedi à dimanche, on comptait 1 429 patients en soins intensifs dans la seule région Île-de-France, où se trouve Paris, selon les données publiées par Santé Publique France. Le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau, a indiqué sur Twitter la semaine dernière que l’ARS avait l’intention de porter à 2 250 le nombre de lits de soins intensifs dans la région, afin de faire face à l’augmentation des infections.

Les médecins parisiens ont écrit dans leur tribune qu’ils n’avaient “jamais connu une telle situation, même lors des pires attaques terroristes de ces dernières années”, en référence aux attentats terroristes de novembre 2015 à Paris qui ont fait 130 morts et 494 blessés.

“Tous les indicateurs montrent que les mesures actuelles sont et seront insuffisantes pour inverser rapidement la courbe alarmante de la contamination”, ont-ils ajouté, évoquant la stratégie du gouvernement pour enrayer une troisième vague d’infections.

La France a confirmé plus de 4,5 millions de cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie – le quatrième plus grand nombre de cas dans le monde après les États-Unis, le Brésil et l’Inde. Au total, 94 492 personnes sont décédées dans le pays jusqu’à présent.

Comment contenir le virus

La France entre dans une semaine décisive. Samedi soir, 4 791 personnes se trouvaient dans les unités de soins intensifs au niveau national, approchant ainsi le pic de la deuxième vague de Covid-19 dans le pays, qui a vu 4 903 personnes être prises en charge dans les unités de soins intensifs le 16 novembre.

Le président français Emmanuel Macron, qui doit être réélu l’année prochaine, a jusqu’à présent résisté à l’imposition d’un troisième confinement national – contre l’avis de son conseil scientifique – en invoquant l’impact potentiel qu’il aurait sur la santé mentale et sur l’économie française.

L'Europe a raté sa chance d'arrêter la troisième vague. Les États-Unis pourraient être les prochains

Au lieu de cela, le gouvernement a privilégié un couvre-feu de 19 heures, ainsi que des “restrictions sanitaires renforcées” régionales qui permettent aux écoles de rester ouvertes dans de nombreuses régions, mais exigent la fermeture des magasins non essentiels et limitent les déplacements des personnes dans un rayon de 10 kilomètres, à moins qu’elles n’aient des raisons professionnelles ou sanitaires impérieuses de se déplacer plus loin.

Ces dernières semaines, de nombreux professionnels de la santé ont exhorté le gouvernement français à imposer des restrictions nationales plus strictes, à la lumière de la variante contagieuse du coronavirus B.1.1.7, qui a été identifiée pour la première fois au Royaume-Uni et qui est désormais dominante en France.

À l’issue d’un sommet européen tendu jeudi soir, le président français a défendu sa décision de ne pas mettre en place un verrouillage à la fin du mois de janvier.

“Nous n’avons pas eu l’explosion des cas que tous les modèles prévoyaient”, a déclaré Macron lors d’une conférence de presse. “Il n’y aura pas de mea culpa de ma part. Je n’ai pas de remords et je ne reconnaîtrai pas l’échec”, a-t-il ajouté.

Mais selon la tribune des médecins parisiens, les mesures actuelles ne sont pas suffisantes pour contenir le virus, et la campagne nationale de vaccination n’a pas suffisamment avancé pour “avoir un impact significatif sur l’évolution de l’épidémie dans cette période.”

Un nouveau rapport d'AstraZeneca indique que le vaccin était efficace à 76% pour prévenir les symptômes du Covid-19

M. Macron a déclaré que l’accélération de la vaccination était une “priorité nationale”, mais il a également reconnu que l'”ambition” de l’Europe en matière de vaccins était insuffisante dans le bloc.

Les vétérinaires et dentistes français sont désormais autorisés à administrer les vaccins Covid-19 dans le pays afin “d’accélérer la campagne.” Au total, 7 550 454 personnes en France (11,2 % de sa population) ont reçu une première dose de vaccin Covid-19 à partir de dimanche, selon les données gouvernementales.