Les écoles de psychothérapie : LIBET dans le développement personnel des étudiants – State of Mind

La fondatrice du groupe, Sandra Sassaroli, ferme le Forum de psychothérapie de Riccione. La salle est pleine d’étudiants, de professeurs et de collaborateurs : il y a ceux qui assistent peut-être pour la première fois à une présentation de Sassaroli, et ceux qui écoutent ses interventions depuis toujours. Tous capturés par ses mots.

Le titre est déjà frappant : “LIBET dans le développement personnel des apprenants”. Sandra Sassaroli utilise le modèle de formulation de cas Life themes and plans Implications of biased Beliefs : Elicitation and Treatment (LIBET) pour conceptualiser les éventuelles difficultés émotionnelles des apprenants, difficultés dont il faut être conscient face à cette profession difficile. Changement de perspective, ce ne sont plus les futurs thérapeutes qui exposent les données collectées sur leur échantillon, maintenant ils sont l’échantillon.

LIBET et les limites de la TCC

Publicité Nous commençons par les limites de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), limites dans la délimitation des modes de fonctionnement personnologique qui fonctionnent même dans des conditions de faible menace et de manière omniprésente dans différents domaines de la vie, donc indépendamment de l’occurrence de situations activantes. Comment expliquer alors l’interaction entre un niveau de vulnérabilité personnologique et un changement qui détermine l’apparition d’un symptôme ?

LIBET nous permet d’intégrer les aspects de reconstruction évolutive à une approche TCC en partant de certaines prémisses : de nombreux patients présentant des troubles symptomatiques présentent des traits de vulnérabilité importants dans le domaine de la personnalité. LIBET, poursuit Sassaroli, nous permet de connaître ces traits de vulnérabilité en pouvant justifier l’interaction entre un niveau de personnalité (fonctionnement en situation de menace faible) et un niveau symptomatique aigu (fonctionnement en situation de menace élevée). Cela permet d’avancer tout au long de la thérapie avec une conceptualisation flexible, constante et fondamentalement transdiagnostique, et non pas à travers une conceptualisation différente pour chaque symptôme. Le symptôme est vu comme la rupture d’un plan, d’abord fonctionnel pour éviter la souffrance.

Plans et thèmes dans LIBET

Les plans et les thèmes sont les deux concepts centraux de LIBET. Le thème est une sensibilité qui peut être apprise ou conditionnée par l’évolution dans une condition de frustration du besoin. Il s’agit d’une expérience à composante cognitive, composée de pensées automatiques sur soi-même (auto-évaluation) et de sensations corporelles. Les plans, quant à eux, sont des stratégies habituelles visant à maintenir des conditions de sécurité et à prévenir les menaces sur les vulnérabilités acquises. Ils sont généralisés, omniprésents et indépendants des circonstances. Ils sont activés avec peu de conscience et avec des aspects de l’accordage de l’ego qui les rendent focaux dans la zone pathologique de la personnalité. Ayant un but préventif, ils sont actifs même dans des conditions de faible menace et indépendamment des exigences des circonstances. Il y a essentiellement trois thèmes (menace, désamour et indignité) ainsi que des plans (prudentiel, prescriptif et immunitaire).

L’intervention LIBET

LIBET nous aide ensuite à formuler des hypothèses sur le fonctionnement de nos patients ; à partager ces hypothèses avec eux et à utiliser ce partage dans la conception et la gestion de la thérapie. L’intervention LIBET nous aide à choisir un projet clinique, à établir une relation avec le patient et à choisir parmi les nombreuses techniques celles qui conviennent à ce patient particulier, ainsi qu’à suivre l’évolution de la thérapie étape par étape.

LIBET dans le développement personnel des apprenants

Publicité Après l’indispensable introduction sur LIBET, voici Sassaroli de retour vers les étudiants : que dira LIBET d’eux ? Des entretiens de développement personnel ont été menés avec les élèves, découlant du besoin d’une formation individuelle visant à approfondir avec un expert leur fonctionnement en séance. Cela permet de vérifier le bien-être des stagiaires dans les groupes de formation et avec les formateurs, de prendre conscience de leur propre fonctionnement en tant que futurs thérapeutes et d’identifier les zones de vulnérabilité ou les ressources à développer ou à limiter pendant la formation.

Les stagiaires, au cours des entretiens, rapportent parfois des histoires difficiles. Le futur thérapeute prend conscience de ces difficultés ou consolide ses connaissances sur sa propre histoire développementale. Des thèmes douloureux émergent, dont on n’était que peu conscient. Comment et dans quelle mesure les sensibilités et les projets douloureux ont-ils un impact sur le travail de psychothérapie ?

Quelques thèmes dominants et plus fréquents émergent : beaucoup d’élèves par exemple ont été poussés (à la limite de la critique) vers d’excellentes performances, ces filles laissent entrevoir des histoires de solitude, de proximité liées au fait de devoir être bon à tout prix. Les critiques subies amènent souvent un sentiment mélancolique d’incapacité à fonctionner de manière à ce que les autres soient satisfaits de son travail.

Le conditionnement à la menace de déception se déplace donc vers la peur de décevoir les patients. Le plan dominant est prescriptif : on broie du noir, on essaie de ne pas faire d’erreurs, on passe des séances à vérifier que l’on fait bien. Ces personnes vivent la thérapie (et la vie) comme une épreuve difficile de résistance aux voix critiques internes et externes.

Les résultats montrent que pour les élèves, ces entretiens ont été une expérience très formatrice. Beaucoup d’entre eux souhaiteraient pouvoir aborder à nouveau individuellement les thèmes abordés lors de la réunion, et d’autres encore, après l’entretien de développement personnel, se disent plus attentifs à leurs propres projets et à l’influence de ceux-ci sur leur travail et leur vie.

Mme Sassaroli parle également de son expérience dans la conduite de ces entretiens : “ils ont été une aventure existentielle, parfois épuisante, frustrante, fulgurante mais aussi éclairante et émouvante.” Aussi fatiguant mais aussi éclairant et émouvant est le parcours de spécialisation vécu par les étudiants (et les enseignants) présents dans l’assistance.

Cette année également, le Forum de recherche en psychothérapie du circuit des études cognitives a pleinement réussi dans son intention de créer un partage, pas seulement éducatif.


Conférence – Dr Sandra Sassaroli LIBET dans le développement personnel des étudiants – Les diapositives de la conférence

Recommandé par les rédacteurs

State of Mind © 2011-2021 Reproduction réservée.

Images (de haut en bas) de :