Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se débattent avec les problèmes liés aux vaccins, tandis que Biden s’en mêle – FRANCE 24

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Bruxelles (AFP)

L’apparition du président américain Joe Biden ne fera pas oublier le danger de la troisième vague d’infections au coronavirus qui menace l’Europe, lors du sommet vidéo de l’UE jeudi.

Le président américain s’adressera aux 27 dirigeants de l’UE par liaison vidéo plus tard dans la journée, dans le but de resserrer les liens transatlantiques après les batailles diplomatiques des années Donald Trump.

Mais, alors que les discussions des dirigeants européens commençaient, il était clair que l’intervention de M. Biden ne serait qu’un bref répit par rapport au sujet principal : Comment faire face à la résurgence de la pandémie alors que les livraisons de vaccins à l’Union européenne sont insuffisantes et que les campagnes de vaccination ne démarrent que lentement ?

L’hôte Charles Michel, président du Conseil européen, avait espéré organiser un sommet en face à face, mais il a été contraint d’accepter une vidéoconférence dépouillée en raison des restrictions de voyage.

L’un des principaux sujets abordés lors du sommet est la colère des Européens face au géant pharmaceutique britannique AstraZeneca, qui n’a pas tenu ses promesses de livraison de vaccins tout en assurant un approvisionnement régulier de l’ancien membre de l’UE, la Grande-Bretagne.

Les pays de l’UE se chamaillent également sur la manière de partager les vaccins, et tous ne sont pas satisfaits d’une mesure renforcée de la Commission européenne qui pourrait bloquer certaines expéditions de vaccins vers des pays comme la Grande-Bretagne qui produisent des vaccins mais ne les exportent pas.

Le projet de conclusions, vu par l’AFP, soutient le système d’autorisation d’exportation de l’UE tout en exhortant l’Europe à intensifier la production de vaccins.

“Nous soulignons l’importance de la transparence ainsi que de l’utilisation des autorisations d’exportation”, indique le projet.

“Nous réaffirmons que les entreprises doivent assurer la prévisibilité de leur production de vaccins et respecter les délais contractuels de livraison.”

Le président français Emmanuel Macron a admis, à la veille du sommet, que l’Europe avait manqué d’ambition alors que les États-Unis, notamment, allaient de l’avant avec leur campagne d’inoculation.

“Nous n’avons pas été assez rapides, assez forts sur ce sujet”, a-t-il déclaré à la télévision grecque ERT. “C’est tout à fait vrai et nous pensions que le vaccin mettrait du temps à décoller”.

La chancelière allemande Angela Merkel a défendu la stratégie d’achat groupé de l’Europe, déclarant aux législateurs allemands : “Je n’aimerais pas imaginer ce qui se passerait si certains États membres avaient des vaccins et d’autres pas. Cela ébranlerait le marché intérieur dans ses fondements”.

– Un pistolet sous la table

Un fonctionnaire européen a décrit le mécanisme d’autorisation des exportations de l’UE comme “un pistolet chargé sous la table”. Il est largement considéré comme un moyen de faire pression sur AstraZeneca pour qu’elle augmente ses livraisons.

Si les chaînes d’approvisionnement mondiales en vaccins sont perturbées, de nombreux pays pourraient être perdants, comme le reconnaissent le Premier ministre britannique Boris Johnson et la chef de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Leurs administrations ont publié une déclaration commune disant : “Nous sommes tous confrontés à la même pandémie et la troisième vague rend la coopération entre l’UE et le Royaume-Uni encore plus importante.”

Ils discutent actuellement de la manière de “créer une situation gagnant-gagnant et d’élargir l’approvisionnement en vaccins pour tous nos citoyens”, mais n’ont pas encore trouvé d’accord sur la manière de partager les doses d’AstraZeneca.

La société n’a livré que 19 millions des 30 millions de doses qu’elle avait promises à l’UE au cours du premier trimestre – une promesse déjà radicalement réduite par rapport aux 120 millions de doses contractuelles.

Bruxelles et Londres se concentrent sur une usine d’AstraZeneca aux Pays-Bas qui produit des doses qui, selon les deux parties, devraient leur revenir.

Un diplomate européen a déclaré aux journalistes qu’un compromis acceptable serait que le Royaume-Uni et la Commission acceptent d’assumer à parts égales le manque à gagner d’AstraZeneca.

– Envoyé américain –

Une autre question sensible est la distribution des vaccins que l’Europe a déjà reçus.

Un groupe de petits États, dirigé par l’Autriche, demande une révision de la méthode de répartition après avoir raté une première occasion de s’assurer une plus grande part des vaccins les plus coûteux en pariant sur celui d’AstraZeneca, moins cher mais dont la fourniture n’est pas fiable.

Dans ce contexte, l’apparition de M. Biden offre une note positive, les responsables européens étant ravis du ton plus chaleureux de la nouvelle administration américaine.

Juste avant le début du sommet, Antony Blinken, le principal diplomate de M. Biden, a achevé une visite de deux jours à Bruxelles, au cours de laquelle il s’est entretenu avec les ministres de l’OTAN et les hauts responsables de l’UE et a promis une étroite coordination.

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