Le père fondateur de l’UE, Schuman, se rapproche de la sainteté – FRANCE 24

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Cité du Vatican (AFP)

Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Union européenne et catholique pieux mais discret, fera bientôt le premier pas vers la sainteté, a déclaré à l’AFP un haut responsable du Vatican.

Le pape François a pu reconnaître les «vertus héroïques» du Français dès juin, selon l’archevêque Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Cette reconnaissance qu’il a mené une vie sainte est une étape clé vers la béatification, bien que cela nécessite l’attribution d’un miracle.

Un deuxième miracle validé par le Vatican est nécessaire avant qu’il ne puisse devenir un saint.

Schuman, chrétien démocrate, était le ministre des Affaires étrangères de la France lorsqu’en 1950, cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a dévoilé des propositions d’union économique entre les anciens ennemis de la France et de l’Allemagne de l’Ouest.

Cela est devenu la base de ce qui est maintenant l’Union européenne.

Le processus d’élévation de Schuman vers la sainteté a commencé il y a plus de 30 ans, lancé par le diocèse de Metz où Schuman est mort en 1963.

L’élévation de l’homme politique peut en surprendre certains, mais le père Bernard Ardura, responsable des canonisations françaises à Rome, a défendu sa candidature.

“Schuman a consacré sa vie au service du bien commun, à la recherche de la paix et de la réconciliation avec l’Allemagne pour créer une communauté d’États européens”, a déclaré Ardura à l’AFP.

«Le travail de Schuman consistait à mettre fin au cycle infernal de la guerre, à la défaite humiliante, au désir de vengeance et de guerre», qui a commencé lorsque la France a été battue par les Prussiens en 1870.

“C’était l’œuvre d’un chrétien, qui sert d’exemple”, même si Schuman “est resté très discret sur sa vie personnelle et sa foi”, a ajouté Ardura.

Les papes ont soutenu l’idée d’un projet européen depuis Pie XII – le pontife pendant la Seconde Guerre mondiale – tout en critiquant sa laïcité.

Lors de sa première audience générale sur la place Saint-Pierre en 2005, le pape allemand Benoît XVI a souligné les racines chrétiennes de l’Europe.

L’année précédente, le Vatican avait regretté l’absence de référence explicite à l’histoire chrétienne de l’UE dans le projet de constitution européenne qui avait été abandonné après les rejets référendaires en France et aux Pays-Bas.

Le pape argentin François, premier pontife latino-américain de l’histoire et fils d’immigrants italiens, préfère mettre l’accent sur l’identité multiculturelle de l’Europe et a défendu les droits des migrants.