Le nombre de vaccins dans le monde dépasse les 500 millions alors que les querelles sur les vaccins en Europe s’aggravent – FRANCE 24

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Paris (AFP)

Les autorités sanitaires ont distribué plus de 500 millions de doses de vaccin contre le coronavirus dans le monde, selon un décompte de l’AFP vendredi, alors que les querelles européennes sur la thésaurisation et les problèmes d’approvisionnement ont connu une escalade dramatique.

Malgré les efforts considérables déployés pour distribuer les vaccins, la pandémie continue de progresser en Europe et en Amérique latine, où le Brésil a dépassé les 300 000 décès et le Mexique les 200 000.

Et le déploiement des vaccins est chroniquement inégal, les États-Unis représentant plus d’un quart du total mondial et les nations plus pauvres étant loin derrière les plus riches.

Les pays de l’UE ont également du mal à faire décoller leurs campagnes de vaccination, ce qui a suscité des manifestations de colère au sommet de la hiérarchie française.

À l’issue d’un sommet européen, le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’il y avait un “nouveau type de guerre mondiale”, ajoutant : “Nous examinons en particulier les attaques russes et chinoises et les tentatives d’influence par le biais du vaccin.”

Son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est ensuite intervenu pour accuser la Grande-Bretagne de “chantage” dans ses négociations avec l’UE concernant les vaccins.

Cependant, Moscou – dont le vaccin Sputnik V est en train d’être déployé dans de nombreux pays à travers le monde – a rapidement réagi à l’emportement de M. Macron, les responsables du Kremlin déclarant qu’ils étaient “absolument en désaccord”.

Et, signe des divisions croissantes de l’Europe, l’Allemagne a déclaré qu’elle serait heureuse d’utiliser Sputnik V si elle obtenait l’approbation des régulateurs de l’UE.

L’Allemagne a également déclaré avoir classé la France comme zone à haut risque, ce qui signifie que les voyageurs doivent présenter un test Covid négatif et être placés en quarantaine à leur arrivée.

Avec plus de 2,7 millions de personnes décédées à cause d’un virus qui a fait son apparition en Chine fin 2019, les dirigeants du monde entier sont sous pression pour faire passer les vaccins dans les bras.

Un décompte de l’AFP sur les vaccinations mondiales a montré que plus de 508 millions avaient été administrées vendredi, dont 133 millions aux États-Unis et 91 millions en Inde.

Mais les infections continuent d’augmenter à un rythme inquiétant, avec plus d’un demi-million de cas enregistrés dans le monde au cours de la dernière semaine, selon les données de l’AFP.

– Le plus grand génocide

Les vaccins ne peuvent pas arriver assez vite au Brésil, qui souffre cruellement d’une épidémie qui a maintenant tué plus de 300 000 personnes sur 12 millions d’infections.

La pression politique est montée d’un cran sur le président Jair Bolsonaro vendredi, lorsque son prédécesseur l’a accusé de présider au “plus grand génocide” de l’histoire du pays.

“Nous devons sauver le Brésil de Covid-19”, a déclaré l’ancien dirigeant Luiz Inacio Lula da Silva, ajoutant : “Le Brésil ne résistera pas si cet homme continue à gouverner de cette manière”.

Plus au nord, le Mexique subit également une troisième vague brutale, avec seulement une infime partie de la population vaccinée jusqu’à présent.

Adriana Meneses se souvient parfaitement du moment où son mari Carlos Hernandez est devenu la première victime du pays d’une maladie inconnue et apparemment incurable, il y a presque exactement un an.

“Nous avons été harcelés par les voisins et sur les réseaux sociaux. Ils ont menacé de brûler notre maison”, a-t-elle déclaré.

“Aujourd’hui, malheureusement, nous faisons partie des statistiques”.

– Cheesy dilemma –

Le virus a poussé les gouvernements du monde entier à imposer des restrictions draconiennes – couvre-feux, fermetures d’écoles, interdictions de voyager, etc.

Une grande partie de l’Europe vit sous un régime qui restreint les voyages et l’activité économique, et le Kenya est devenu le dernier pays africain à ordonner un verrouillage partiel vendredi, fermant les écoles et les bars dans et autour de la capitale Nairobi.

“Je suis convaincu que le coût de ne pas agir maintenant serait bien plus important”, a déclaré le président Uhuru Kenyatta.

Des fêtes religieuses aux événements sportifs, les dates du calendrier qui étaient auparavant considérées comme intouchables ont succombé aux restrictions des virus dans le monde entier.

L’Indonésie a déclaré qu’elle interdisait aux gens de voyager pour un festival connu sous le nom de Mudik à la fin du Ramadan, lorsque des millions de personnes parcourent souvent de longues distances pour être avec leurs familles.

Ces restrictions ont entraîné des difficultés économiques dans une grande partie du monde et ont contraint les gouvernements à adopter des plans de relance massifs. Vendredi, les législateurs allemands ont apporté leur soutien à un plan européen de 750 milliards d’euros (885 milliards de dollars).

Toute reprise européenne dépendra de l’initiative de plusieurs millions de petites entreprises sur le continent.

En France, les moines d’une abbaye vieille de 900 ans pensent avoir résolu le dilemme séculaire de l’élimination des stocks indésirables.

“Nous avons essayé d’expliquer à nos 75 vaches qu’elles devaient produire moins de lait, mais elles ne semblent pas avoir compris”, explique le frère Jean-Claude de l’abbaye de Citeaux, dans l’est de la France.

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