Le marché britannique du carbone vise les émissions post-Brexit – FRANCE 24

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Londres (AFP)

La Grande-Bretagne a récemment lancé son propre marché d’échange de carbone, plus de cinq mois après le Brexit, alors que le gouvernement vise une réduction des émissions avant le sommet vital de l’ONU sur le changement climatique de cette année.

Le système d’échange de quotas d’émission du Royaume-Uni a été mis en place il y a deux semaines, remplaçant l’implication du pays dans le système de l’Union européenne après avoir quitté le bloc au début de l’année.

Le commerce du carbone, un moyen essentiel de prévenir le changement climatique, implique que les entreprises achètent le droit de polluer à d’autres qui ont une empreinte carbone plus faible.

Le prix initial du programme britannique d’environ 50 £ (58 euros, 71 $) par tonne de dioxyde de carbone (C02) était légèrement supérieur au prix européen.

En revanche, le prix de vente moyen était d’environ 20 dollars (16,4 euros, 14 £) la tonne sur le marché californien, le troisième au monde.

– ‘Au pied avant’ –

Les prix plus élevés en Grande-Bretagne et en Europe montrent qu’ils sont “à l’avant-garde en matière d’action climatique”, a déclaré Adam Berman, directeur de la politique européenne à l’International Emissions Trading Association.

“Si vous regardez l’UE et le Royaume-Uni, le système d’échange de droits d’émission – dans les deux cas – est le mécanisme le plus important” pour réduire les émissions de carbone, a-t-il déclaré à l’AFP.

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Le marché britannique des échanges de droits d’émission de carbone ne représente cependant qu’un dixième de la taille de l’équivalent européen.

La Grande-Bretagne, qui accueille également le sommet du G7 ce mois-ci, exhorte les pays les plus riches du monde à favoriser une reprise économique verte et mondiale après la pandémie.

L’administration du Premier ministre Boris Johnson, qui vise zéro émission nette de carbone d’ici 2050 pour aider à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris, accueillera également le prochain sommet sur le climat, la COP26 à Glasgow en novembre.

Le gouvernement a déclaré que le nouveau système d’échange de droits d’émission de carbone apportera une “contribution significative” à la réalisation de l’objectif 2050.

En Grande-Bretagne, l’offre de crédits carbone disponibles diminue pour atteindre les objectifs politiques de l’État ; les prix devraient donc augmenter.

– ‘Outil important’ –

Le commerce du carbone est l’une des pierres angulaires de la politique sur le changement climatique, selon Tim Atkinson, directeur des ventes et du courtage chez CF Partners.

“C’est l’outil le plus important pour réduire les émissions dans les industries électriques et lourdes” ainsi que dans l’aviation, a déclaré Atkinson à l’AFP.

Par exemple, le Royaume-Uni a presque abandonné le charbon sale, en grande partie à cause des quotas de CO2 qui rendent trop coûteux la production d’électricité de cette manière, a-t-il déclaré.

D’autres outils tels que les subventions ont alimenté le boom des parcs éoliens.

“La seule façon de résoudre le problème du changement climatique est d’exploiter le système capitaliste qui nous a mis dans cette situation”, a ajouté Louis Redshaw, directeur de Redshaw Advisors, qui conseille les entreprises sur les marchés du carbone.

Pour les autorités britanniques, sortir du marché européen des échanges de carbone permet également de mieux contrôler les entreprises et leurs activités.

Cela se compare au vaste marché européen avec 27 États, qui a été victime d’une fraude massive à la TVA à ses débuts.

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Cependant, le lancement d’un marché britannique séparé rend les choses plus compliquées pour les entreprises opérant dans les deux zones en raison de l’augmentation des coûts.

En outre, le prix britannique légèrement plus élevé désavantage les entreprises britanniques par rapport à leurs homologues de l’UE.

Les entreprises souffrent également parce que la plupart des autres pays manquent de marchés du carbone – et n’ont donc aucun coût du prix du carbone pour leurs propres régions.

Il s’agit notamment des plus grands pollueurs mondiaux : les États-Unis, qui n’ont pas de prix fédéral du carbone, et la Chine.

La Chine est cependant en train de mettre en place son propre système d’échange de carbone, initialement pour les centrales électriques au charbon et au gaz, un geste majeur pour le pays le plus polluant au monde.