Le FMI promet une reprise pandémique, alors que les entreprises de vaccins s’engagent à des milliards de doses

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Rome (AFP)

Le FMI a proposé vendredi un plan de 50 milliards de dollars pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, visant à étendre les campagnes de vaccination dans le monde entier, tandis que les entreprises de vaccins se sont engagées à fournir des milliards de doses aux pays les plus pauvres d’ici la fin de l’année prochaine.

Les promesses ont été faites alors que l’Espagne a annoncé qu’elle ouvrirait sa frontière à tous les voyageurs vaccinés le mois prochain, offrant l’espoir que la saison touristique européenne pourrait rebondir après avoir subi des coups l’an dernier.

Mais ailleurs en Amérique latine, le coronavirus a continué de faire des ravages alors que le nombre de décès sur le continent grimpait vers le sombre million.

Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que le bilan officiel des décès dus à la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que ce que les statistiques officielles suggèrent.

À Washington, le Fonds monétaire international a annoncé un plan de redressement de 50 milliards de dollars pour mettre fin à la pandémie, qui vise à faire vacciner au moins 60% de la population mondiale d’ici la fin de 2022.

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“Notre proposition fixe des objectifs, évalue les besoins de financement et présente une action pragmatique”, a déclaré la directrice du FMI, Kristalina Georgieva, lors du Sommet mondial sur la santé qui s’est tenu à Rome dans le cadre du G20.

Le sommet a également vu les dirigeants de trois principaux fabricants de vaccins Covid, Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson, promettre environ 3,5 milliards de doses de vaccin à prix coûtant ou à prix réduit aux pays à revenu moyen et faible cette année et l’année prochaine.

Pfizer délivrera deux milliards de doses, Moderna jusqu’à 995 millions de doses et Johnson & Johnson jusqu’à 500 millions de doses, ont déclaré des représentants des trois sociétés pharmaceutiques.

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– ‘Sentiment de liberté’ –

Les vaccins offrent aux pays l’espoir de pouvoir enfin sortir de la pandémie qui a ravagé l’économie mondiale et tué plus de 3,4 millions de personnes depuis son apparition à la fin de 2019.

En Europe, le secteur du tourisme durement touché semblait sur la bonne voie pour entamer une reprise prudente, l’Espagne ayant annoncé qu’elle ouvrirait ses frontières à tous les voyageurs vaccinés le mois prochain.

“A partir du 7 juin, toutes les personnes vaccinées et leurs familles seront les bienvenues dans notre pays, l’Espagne, quel que soit leur pays d’origine”, a déclaré le Premier ministre Pedro Sanchez lors d’un salon international du tourisme à Madrid.

Il a également annoncé que les voyageurs britanniques seraient autorisés à visiter le haut lieu du tourisme pour les vacances à partir de la semaine prochaine.

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L’Allemagne a vu son propre retour à la normale vendredi avec l’ouverture de jardins en plein air, de terrasses et de piscines dans certaines régions du pays pour la première fois depuis des mois.

Ce fut un changement bienvenu pour Berliner Sonja Gellfart, qui était déjà dans la piscine extérieure du Sommerbad am Insulaner à 7h30.

“C’est le sentiment de liberté parce qu’on peut entrer ici et être à l’extérieur, et sans masque”, a-t-elle déclaré à l’AFP alors que d’autres nageurs passaient.

– Nombre total de décès plus élevé –

Mais alors que les nations européennes cherchaient à mettre la douleur de la pandémie derrière elles, l’Organisation mondiale de la santé a averti que la dévastation de Covid-19 pourrait être pire que craint.

Dans un nouveau rapport sur les statistiques de la santé mondiale, l’agence des Nations Unies a déclaré que beaucoup plus de personnes sont mortes qu’il n’aurait été le cas sans la pandémie, soit à cause de Covid, soit parce qu’elles n’ont pas pu obtenir de traitement pour d’autres maladies.

“Le nombre total de décès est au moins deux à trois fois plus élevé que ce qui est officiellement signalé”, a déclaré aux journalistes Samira Asma, la directrice générale adjointe de l’OMS chargée des données.

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L’Amérique latine à elle seule devrait connaître un million de décès liés aux coronavirus dans les prochains jours, alors que de nombreux pays de la région luttent pour obtenir suffisamment de vaccins.

Le Brésil a le taux de mortalité le plus élevé du continent avec 450 000, un chiffre deuxième au monde seulement après les États-Unis.

Le Sénat a officiellement lancé le mois dernier une enquête sur les raisons pour lesquelles le virus a explosé si horriblement dans le pays.

L’enquête s’est particulièrement concentrée sur les décisions peu orthodoxes du président populiste d’extrême droite Jair Bolsonaro concernant l’épidémie, notamment l’opposition aux mesures de maintien au domicile et aux masques.

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– Honorer les agents de santé –

Mais alors que la situation en Amérique latine reste désastreuse, les perspectives semblent plus optimistes en Europe, où les marchés boursiers ont augmenté vendredi sur des preuves croissantes de reprise économique alors que les restrictions sont progressivement levées.

“Les bourses européennes évoluent largement à la hausse, prolongeant les gains forts de la session précédente alors que l’optimisme entourant les perspectives économiques s’améliore”, a déclaré l’analyste Sophie Griffiths de la société de négociation OANDA.

En Grande-Bretagne, les ventes au détail ont bondi de 9,2% en avril avec la réouverture des magasins non essentiels, selon les données officielles.

La demande de vêtements a grimpé de près de 70% alors que les consommateurs dépensaient leur argent sur de nouvelles tenues.

Le président Emmanuel Macron a déclaré qu’un statut dit “mort au service de la république” serait créé pour honorer les fonctionnaires qui perdent la vie “dans des circonstances exceptionnelles”.