Le film Griezmann : le parcours du plus vrai des footballeurs – Goal.com

Destinée écrite, mais interrompue par les nombreux non des scouts : ” Pour un gars qui a mangé de la merde, chapeau bas “.

Le premier verrouillage a conduit les fans à devoir passer le temps comme jamais auparavant. Certains ont trouvé de nouveaux passe-temps, d’autres d’anciens exutoires. Qui ont ri pendant quelques heures devant les grands noms du football, prêts à raconter les anecdotes les plus absurdes, mais vraies, de leur carrière. Une façon d’être plus proche du public, d’embrasser de loin ceux qui avaient faim d’histoires, de contes. Le sort et le destin qui s’entrecroisent. Les histoires romantiques sont à nouveau entrées dans l’imaginaire collectif, après avoir semblé être balayées pendant des années par la négativité et le désintérêt, par la caste du football trop élevée pour être atteinte. Le boom a ainsi amené des milliers de personnes à s’intéresser davantage à la vie des footballeurs, en comprenant qu’avant d’être privilégiés, ils étaient de simples rêveurs, au milieu de grandes difficultés de vie, de contextes difficiles et de larmes. Les gens sont retournés en arrière, à la recherche de plus de détails sur le passé.

Il y a ceux qui sont allés le plus loin possible, déterrant les recoins cachés des joueurs du passé, et ceux qui ont opté pour la terrible nouvelle génération, la technologique, presque millénaire. Juste avant le coronavirus, on a assisté à un boom des séries télévisées et des films sur le football, qui sont passés inaperçus avant d’exploser pendant les quarantaines dans le monde entier. Il y a donc ceux qui ont découvert pour la première fois, malgré une existence désormais consolidée et solide, des films légendaires comme Fièvre à 90 ans, des films cultes comme Hooligans et, surtout, des documentaires sur la vie de leurs favoris, ceux qui sont plus riches en anecdotes vraies, sans besoin de romancer pour faire couler l’histoire cinématographique. Le principal coup de pouce reçu Griezmann : une légende est née. Pourquoi ? En raison de son authenticité et vraiment excitant. C’est l’histoire d’un type qui a réussi, malgré tout, et qui continue à s’enthousiasmer, encore et encore. Le contraire de la glace, le feu de la fonte.

Qui est Griezmann ? C’est un attaquant qui a marqué l’histoire de l’Atletico Madrid. Mais aussi un Français faisant partie des éternels seconds champions des señores Colchoneros. C’est lui qui imite les ballets de Fornite et qui soulève la Coupe du monde. Un Petit Diable qui joue pour Barcelone et attend que l’étincelle brille même en Espagne, où tout est né. Mais ce n’est que la partie la plus connue et la plus célébrée, jamais cachée, bombardée sur les réseaux sociaux, les terrains de football et les salons de télévision. Derrière, un monde. C’est vrai.

Le film de Netflix sur Griezmann a un scénario, bien sûr, mais… la vie même du garçon semble être un scénario. Plus que ce à quoi on pourrait s’attendre, avant de voir le film. Parce qu’en regardant les choses comme ça, le Français peut au mieux se plaindre d’avoir manqué deux Ligues des champions, mais nada mas. Au lieu de cela, il a risqué de ne jamais être un footballeur. De ne pas être le symbole de la renaissance de la France.

L’émotion du film sur Griezmann vient précisément de là, de cette capacité à montrer au monde qu’un des footballeurs les plus célèbres et les plus forts de la planète a atteint le sommet de manière difficile. Après un marathon, pas après un sprint. Il n’avait pas tout et tout de suite, il a attendu, fils de foot, fils de rêves :

“Quand j’étais petit, je rêvais d’être professionnel, de m’entraîner tous les matins, de vivre du football. C’était mon rêve.”

Une des premières phrases qui ouvre le film. Bon, presque fini, le genre que l’on entend dans les interviews très intéressantes (mais qui le sont beaucoup) entre les temps, ou dans l’immédiat après-course. Trop, c’est trop, allez. Mais c’est la réalité cette fois-ci et si vous pouvez passer outre l’envie de changer le film à cause d’une bouffée de quelque chose de déjà vu, la patience est récompensée.

Le montage de Griezmann : une légende est née, fait de grands sauts entre l’enfance du garçon, son parcours pour devenir un phénomène, et la préparation de la Coupe du monde 2018, celle, spoiler alert, que sa France a gagnée. Dans la description du film, Netflix souligne comment le joueur s’est rattrapé en “sa petite taille avec détermination et passion”. Encore une phrase d’accroche, très vraie. Ça ne rend pas justice au film, vu qu’il cache bien plus de choses.

L’un des joyaux les plus importants du film est certainement l’une des phrases de l’agent qui l’a découvert dans la première décennie des années 2000, Eric Olhats, à propos de ce que Griezmann a accompli dans sa carrière:

“Pour un type qui a mangé de la merde, chapeau bas à lui.”

Griezmann, en effet, a été rejeté à maintes reprises avec le classique we’ll let you know, adressé à son père, durant ses premières années de jeune footballeur à la recherche d’une équipe. Des rejets qui ont presque conduit le joueur et sa famille à abandonner. Seulement un sur mille y arrive, une phrase que l’on apprend, bon gré mal gré. Pas quand on est enfant, quand Antoine, en 1998, joue pour le plaisir, sans savoir que le monde du football est un sacrifice et une sélection, pas seulement un sport.

Le film montre un scénario sincère, inférieur toutefois à celui que le destin a écrit pour Griezmann. À l’âge de sept ans, Antoine se faufile parmi ses idoles lors d’un événement de l’équipe nationale française. Il est petit, blond, souriant. Avec le maillot sept, voilà, et le maillot de l’équipe nationale française, bien trop grand pour lui :

J’étais déjà le numéro sept, ça devait arriver. Je me suis rapproché d’eux avec l’aide de mon père. J’étais avec un vieil ami de la GB, on est allé là-bas et on s’est faufilé entre les barrières de sécurité.”

Il y a le Titì Thierry Henry qui le salue, puis lui signe un autographe. En le racontant, Griezmann pleure presque, dans un leitmotiv d’émotion qui se poursuivra tout au long du film, tandis que dans le vieux monde de 1998, quelqu’un au-dessus de leurs têtes, plaisante, voyant, sérieusement, l’avenir :

“La future génération.

Bingo. Une prédiction ludique, indispensable pour faire plaisir aux enfants. Histoire vraie, une décennie plus tard. Griezmann grandit et pour lui c’est l’heure des essais, ceux utiles pour intégrer les meilleures équipes du pays. Dommage qu’il soit petit et de petite taille, ce à quoi son père tente de remédier de la seule manière possible : en continuant à essayer. Après tout, la magie n’existe pas :

“Dès l’âge de cinq ans, il n’a jamais quitté le ballon. Je ne pensais pas qu’il deviendrait professionnel parce que tous les clubs l’avaient rejeté. Vous rencontrez le coach à la fin de la session et il vous dit que vous aurez une lecture dans 15 jours. Puis, après deux ou trois semaines, vous dites à votre fils que la situation ne semble pas bonne. C’était dur, ça n’avait rien à voir avec le football, le critère est qu’il faut mesurer 180 cm et courir vite. C’était difficile pour lui, il n’était pas grand et il ne courait pas vite. On est allés à Lens, à Montpellier, je l’ai emmené dans tous les camps de France. C’était dur de toujours se faire dire non“.

Griezmann, lui, insiste, insiste. Jusqu’à la dernière tentative, dans laquelle Olharts reste aux anges :

“On a vu Montpellier et un gars avec des chaussettes différentes, on voyait qu’il était à l’essai. Il était petit et blond, inhabituel, je n’ai pas pu m’empêcher de le remarquer. Il se retrouvait souvent les fesses à terre parce qu’il n’était pas athlétique.mais il avait une classe innée qui ne s’apprend pas.”

Nous sommes en 2005, Griezmann est assis dans les tribunes avec quelques biscuits. Olharts en demande une. Ils discutent entre eux, avant la disquisition avec le père du jeune Antoine. Et c’est le début de la légende, car à 14 ans, effrayé mais avec le feu en lui, il quitte Mâcon pour le Pays basque, dans l’équipe de jeunes de la Real Sociedad.

L’histoire de Griezmann commence ainsi à être plus à la portée de tous. Il joue avec l’équipe d’Espagne chez les jeunes jusqu’à ses débuts en équipe première, où il se montre, conquérant les grandes équipes et notamment l’Atletico Madrid, avec qui il gagne la Ligue Europa après avoir perdu deux Ligues des Champions. Il gagne la Coupe du monde, conquiert des titres et des titres, des titres de meilleur buteur et des nominations pour les trophées d’équipe les plus importants. Oui ok, tout est bon, mais trop grand public et dans l’Olympe où les êtres humains ne sont pas les bienvenus.

Quand les Dieux descendent parmi les simples mortels, cela semble presque étrange. Ce devrait être la norme d’être comme eux, mais parfois ce n’est pas le cas. Dans le film de Griezmann, cependant, c’est exactement l’idée, que le Français est un visage célèbre, mais qu’il veut être humain, étant donné l’émotion qu’il ressent sur et en dehors du terrain, dans les histoires, dans la romance dont il fait partie. Parce qu’il est ému en se souvenant de sa famille, il est montré en larmes sur l’herbe, dans des souvenirs positifs et dans des souvenirs négatifs. Peu importe.

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Il a des larmes faciles Griezmann, c’est ce que l’on retient du film. Peut-être que, bombardés par le football à chaque minute de la journée, on a oublié l’intimité de l’homme devant le footballeur, et non celle dans laquelle les stars se montrent à chaque heure de la journée. Mais pas ici, c’est cool. De la mémoire de sa sœur bien-aimée présente au BataclanDe sa passion pour l’Uruguay à son amour pour l’Uruguay, le film est une surprise qui montre le vrai Antoine, qui peut être un visage millénaire dans ses exultations, mais aussi le fils d’un footballeur des années 70, du joueur minuscule mais champion, proche des gens et des émotions.

La France s’en est rendu compte lors de l’Euro 2016, celui qu’elle a perdu à domicile contre le Portugal, où Griezmann est devenu meilleur buteur, mais deuxième derrière Cristiano Ronaldo. Il a rapproché l’équipe nationale de la population.lui, un homme du peuple. Ce n’est jamais dit clairement, mais il semble être un joueur de la classe ouvrière, pas dans le sens du mot, mais en termes d’être plus proche des masses que quiconque. Parce que les transalpins ne retombent amoureux de l’équipe locale oubliée que lorsqu’ils la voient cogner plus que quiconque d’un côté à l’autre, en pleurant sous la pluie.

L’idole de la France, mais aussi l’idole de l’Uruguay… Le genre que tu aimes et que tu détestes. Lors de la Coupe du monde 2018, il a éliminé les Sud-Américains mais n’a pas exulté, respectueux des amis et des professeurs, du fraternel Godin au professeur Carlos Bueno, qui, au son des conseils et des suggestions, l’a gardé sous son aile à ses débuts à la Real Sociedad. Tellement respectueux qu’il a exulté avec le drapeau de l’Uruguay après avoir remporté le tournoi russe, recevant même une invitation du président de ce pays, qui voulait l’avoir à Montevideo pour le remercier publiquement et le réprimander avec bonhomie pour l’élimination.

Il semble presque déplacé, dans le monde du football, Antoine Griezmann. Pour sa stature, pour ses manières, pour ses larmes. Ou peut-être pas. Il semble être tout autour de lui, hors de propos dans le monde du football. Il est, au moins pendant une heure du film, au cœur de celui-ci. Il est le sport qui devient un homme. Facile à dire, pourrait-on dire.

Devant un scénario, tout le monde devient comme ça, des bons, des idoles, des symboles. Mais non. Pour en revenir au début de l’histoire, les séries télévisées et les films sur le football, les histoires et les anecdotes dans les émissions en direct et les stories Instagram sont désormais la mode, le présent et l’avenir. Des rires, beaucoup de rires. Les yeux écarquillés, tout le temps. Mais les vraies émotions, les lignes parallèles des sports et des ascensions qui se rencontrent, celles-là manquent. L’exception qui confirme la règle, la surprise d’être une émotion, transfigurée en boule.