Le chef de l’UE menace de durcir les restrictions à l’exportation de vaccins – FRANCE 24

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Bruxelles (AFP)

L’UE a menacé mercredi d’invoquer des pouvoirs d’urgence pour bloquer les exportations européennes de vaccins Covid-19 afin d’assurer la “réciprocité” avec les autres fournisseurs, exhortant la Grande-Bretagne à envoyer davantage de vaccins à l’Europe.

La chef de l’UE, Ursula von der Leyen, a lancé cet avertissement alors que Bruxelles dévoilait son projet de certificat de vaccination pour les voyageurs, dans le cadre de ses efforts pour libérer les voyages malgré l’émergence d’une troisième vague de la pandémie.

La campagne de vaccination européenne a eu du mal à démarrer en raison de retards de livraison et d’une querelle acharnée avec le géant pharmaceutique AstraZeneca, qui craint pour la sécurité de son vaccin.

L’Union européenne a déjà mis en place une surveillance spéciale des exportations de vaccins. Les fabricants chargés de fournir l’Europe doivent déclarer s’ils ont l’intention d’exporter des doses en dehors de l’Union.

L’UE s’inquiète surtout pour la Grande-Bretagne, pays d’origine du vaccin d’AstraZeneca, où la campagne de vaccination a progressé beaucoup plus rapidement que dans l’UE.

Bruxelles a accusé Londres d’appliquer une interdiction de facto des exportations pour assurer le succès du vaccin, ce que le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson a vigoureusement démenti.

Cependant, Mme Von der Leyen a déclaré mercredi que l’UE “attendait toujours” que ses commandes d’AstraZeneca sortent de “deux sites au Royaume-Uni”, alors que 10 millions de doses provenant d’autres fabricants étaient entrées au Royaume-Uni depuis l’UE.

“C’est une invitation à nous montrer qu’il y a aussi des doses provenant du Royaume-Uni qui arrivent dans l’Union européenne, afin que nous ayons une réciprocité”, a-t-elle déclaré.

– La crise du siècle

L’ancien ministre allemand de la défense a déclaré que “toutes les options sont sur la table” pour résoudre le problème et que la situation des vaccins serait abordée par les dirigeants de l’UE lors des discussions de la semaine prochaine.

“Nous sommes dans la crise du siècle. Et je n’exclus rien pour l’instant”, a-t-elle déclaré, évoquant brièvement les pouvoirs d’urgence utilisés lors du choc pétrolier de l’OPEP dans les années 1970.

Le certificat de voyage annoncé par l’UE, quant à lui, est destiné à aider à rétablir la liberté de mouvement au sein de l’Union pour les citoyens vaccinés contre le coronavirus.

Le certificat indiquera “si la personne a été vaccinée, si elle a subi un test négatif récent ou si elle s’est rétablie de la Covid et possède donc des anticorps”, a déclaré Mme von der Leyen.

L’idée est de permettre aux touristes vaccinés de contourner les restrictions sur les voyages non essentiels qui se sont étendues à toute l’Europe, une deuxième et troisième vague d’infections au Covid-19 ayant paralysé une grande partie des voyages intra-européens.

“Avec ce certificat numérique, nous voulons aider les États membres à rétablir la liberté de circulation d’une manière sûre, responsable et fiable.”

Le projet se heurtera toutefois à une forte résistance de la part de nombreux États membres, l’une des principales préoccupations étant que les personnes en attente de vaccination fassent l’objet d’une discrimination.

En outre, certains États membres craignent que la procédure légale de création du laissez-passer, qui comprendrait l’approbation du Parlement européen, ne prenne trop de temps, alors que les vacances d’été ne sont que dans trois mois.

La Commission est convaincue que le processus peut être accéléré et s’efforce de faire en sorte qu’il soit prêt en juin.