Le Canada resserre les restrictions en matière de pandémie alors que le déploiement des vaccins est en retard – FRANCE 24

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Montréal (AFP)

Les deux provinces les plus peuplées du Canada, l’Ontario et le Québec, se sont dirigées vers le week-end de Pâques en resserrant les mesures de santé publique pour ralentir une éventuelle troisième vague de Covid-19, alors que les autorités fédérales ont promis d’accélérer le déploiement des vaccins en retard.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé jeudi la fermeture de 28 jours de la plupart des magasins et des limites sévères sur les services dans la province de 14 millions d’habitants.

Cela vient un jour après que le Québec a resserré les restrictions dans plusieurs régions tout en maintenant un couvre-feu nocturne imposé au début de janvier, sans précédent au Canada.

Quelque 23000 vies ont été perdues à cause du coronavirus dans le pays, ce qui devrait dans les prochains jours dépasser le million de cas.

Le nombre de cas quotidiens et d’admissions en soins intensifs en Ontario risque plus que doubler pour atteindre 6000 et 800 à la fin du mois si des mesures préventives ne sont pas prises, selon une nouvelle modélisation des conseillers scientifiques du gouvernement.

Le Québec a également connu une augmentation du nombre de cas, qui a presque doublé ces derniers jours pour atteindre 1 200 par jour.

«La troisième vague est là et est motivée par des variantes préoccupantes», a déclaré le groupe de médecins ontariens qui conseillait le gouvernement Ford dans son rapport.

Ford a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il «tirait le frein d’urgence pour toute la province», notamment en réduisant considérablement les services religieux, avertissant que «nous combattons maintenant un nouvel ennemi».

“Je sais que beaucoup d’entre vous espéraient célébrer cette importante fête (de Pâques) en famille et entre amis”, a-t-il déclaré. “Mais encore une fois, je demande à tout le monde de se réunir uniquement avec votre foyer immédiat.”

– Déploiement lent des vaccins –

«Nous devons continuer de prendre des mesures fortes jusqu’à ce qu’un nombre suffisant de personnes soient vaccinées pour alléger les restrictions en toute sécurité», a déclaré l’agence de santé publique du Canada dans un rapport la semaine dernière.

Un programme d’inoculation lancé en décembre a été marqué par des retards dans les livraisons de doses de Pfizer-BioNTech et Moderna en provenance d’Europe. De plus, de nouvelles restrictions d’âge ont été imposées cette semaine au jab AstraZeneca, pour des raisons de sécurité.

À ce jour, 13,3% des Canadiens ont reçu au moins une dose et 1,8% ont reçu deux doses nécessaires pour une immunité complète, selon le site Web Covid-19 Vaccination Tracker.

Ces taux sont comparables à ceux de la France (12,6%) mais loin derrière la Grande-Bretagne (45,5%), Israël (60,6%) et les États-Unis (29,5%).

“La principale raison pour laquelle nous ne vaccinons pas davantage est surtout le fait que nous n’avons pas reçu les doses nécessaires”, a déclaré à l’AFP la chercheuse en santé de l’Université de Montréal Roxane Borges Da Silva.

En raison des pénuries d’approvisionnement, les autorités sanitaires du Québec ont décidé de retarder les injections de seconds injections jusqu’à quatre mois.

Le premier ministre Justin Trudeau a révélé mardi que Pfizer avait accepté d’augmenter les livraisons de son vaccin. Leur arrivée, accompagnée des injections Moderna et AstraZeneca, portera à 40 millions le nombre total de doses disponibles attendues d’ici le 30 juin.

Cela permettrait au pays de «commencer notre phase de montée en puissance» et d’atteindre son objectif de vacciner tous les Canadiens d’ici la fin de l’été, a-t-il déclaré.

Le Canada, qui compte 38 millions d’habitants, a commandé ou réservé plus de 400 millions de doses de vaccin auprès de sept groupes pharmaceutiques.

En plus de remettre son programme de vaccination sur les rails, les épidémies écrasantes nécessiteront le respect des mesures de santé publique, et avec l’arrivée du printemps et des vacances de Pâques, les autorités s’inquiètent des lacunes dans la distanciation sociale et le port de masques.

«Nous constatons une moins grande adhésion aux mesures de santé publique telles que la distanciation sociale et le lavage des mains», a noté Borges Da Silva.

Selon une enquête de l’Institut national de santé publique du Québec, réalisée du 5 au 17 mars, 33% des 25 à 44 ans ont «toujours» suivi le lavage des mains, distancé et évité les rassemblements pour ralentir la propagation de la maladie. coronavirus.

Cela représente une baisse par rapport à 40% fin janvier et début février, selon l’enquête menée auprès de 6 600 personnes.