Le 200e anniversaire de la mort de Napoléon – DOMRADIO.DE

Il a été conduit. Le grand Napoléon, qui a conquis la quasi-totalité de l’Europe en quelques années, avait besoin de la victoire pour rester au pouvoir. Quand il n’était plus victorieux, il est tombé.

«Au commencement il y avait Napoléon», c’est ainsi que l’historien Thomas Nipperdey a commencé son «Histoire allemande» du XIXe siècle. L’empereur de France a jeté les bases décisives de l’Allemagne moderne. C’est encore plus vrai pour la France: le 5 mai, les Français commémorent le 200e anniversaire de la mort corse.

Ascension et chute

Sa vie est comme un drame ancien: un petit officier d’artillerie né en 1769 de la Corse troublée, qui en quelques années monte ambitieusement au rang de souverain de la France et de seigneur de l’Europe, pour jouer tout aussi vite son pouvoir et sombrer dans le néant.

Napoléon était chassé. Sur le plan intérieur, il a dû effectuer un exercice d’équilibre difficile: d’une part, défendre les acquis de la Révolution française contre les forces de gauche radicale et les monarchistes – et en même temps intégrer ceux qui ont été les perdants de la révolution. La gauche révolutionnaire et anti-église veillait avec suspicion à se rapprocher de l’Église et de la noblesse pour unir la France. La droite conservatrice, les partisans de la monarchie et les dirigeants étrangers n’ont attendu que son échec à prendre le châtiment et à annuler l’expropriation de l’église et de la propriété aristocratique ainsi que l’égalité devant la loi.

Couronnement impérial et dictature

Lorsque Napoléon prend le pouvoir en 1799, la France semble n’avoir que deux alternatives: soit le pays est envahi par les monarchies européennes et les pouvoirs de l’ancien régime – soit il sombre dans la guerre civile. Pour Napoléon, le couronnement impérial et la dictature se sont avérés être le seul moyen de sortir de ce dilemme. Du point de vue de son biographe Günter Müchler, il serait donc erroné de décrire l’empire de Napoléon comme le retour de l’ancien régime monarchique. Au contraire, le Corse a établi une nouvelle forme de règle basée sur la souveraineté populaire et le charisme du dirigeant.

En vue des campagnes de conquête de Napoléon à travers l’Europe, Müchler se retourne contre l’interprétation selon laquelle l’empereur était poussé par sa démesure. «Il n’était ni un belliciste infatigable ni un voleur de terres insatiable», écrit le biographe. “Son vaste empire est le produit d’opportunités dont il profite constamment.” Dans douze ans à peine, le petit Corse va bouleverser toute l’Europe. Rome et Amsterdam deviendront des villes françaises, tout comme Cologne et Hambourg.

Mort solitaire

Ici aussi, Napoléon est poussé: parce qu’il n’est pas reconnu par les monarques européens et l’élite française comme un égal, il est obligé de prouver constamment sa supériorité. Sa règle s’effondre quand il ne gagne plus. En fin de compte, la mort solitaire est exilée à Sainte-Hélène. Napoléon meurt le 5 mai 1821 – comme son père d’un cancer de l’estomac.

Destruction et réorganisation du droit

L’Allemagne a été brutalement poussée dans l’ère moderne par Napoléon. Le conquérant a apporté un feu infernal de dévastation, des taxes ruineuses et des centaines de milliers de morts parmi les soldats et les civils. En 1806, ses réorganisations territoriales ont effondré le Saint Empire romain vieux de 900 ans. Il a mis fin au règne séculier des princes de l’Église et des petites principautés. Sa plus grande réalisation: L’introduction du droit français dans les territoires annexés de la rive gauche du Rhin amène un élan de modernisation, par exemple en termes d’égalité pour les juifs, d’instauration du mariage civil ou d’égalité devant la loi.

Même après sa mort, Napoléon s’est séparé. Pour certains, c’est un diable, un “monstre corse”. En Allemagne, il éveille l’esprit nationaliste. La France se réconcilie avec lui. En 1840, ses restes furent enlevés de Sainte-Hélène et enterrés aux Invalides à Paris.