L’armée française tue un djihadiste malien lié aux meurtres de journalistes – FRANCE 24

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Paris (AFP)

Des soldats français ont tué un djihadiste malien soupçonné d’être responsable de l’enlèvement et de la mort de deux journalistes français en 2013, a annoncé vendredi la ministre de la Défense Florence Parly.

Parly a déclaré que les forces françaises dans la région du Sahel ont tué “quatre terroristes” lors d’une opération dans le nord du Mali le 5 juin, dont Bayes Ag Bakabo, le principal suspect dans la mort des reporters radio de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

“Sa neutralisation signifie la fin d’une longue attente”, a déclaré Parly, ajoutant que Bakabo se trouvait dans le village d’Aguelhok et préparait une attaque contre les forces de maintien de la paix de l’ONU lorsqu’il a été tué.

Dupont et Verlon, tous deux dans la cinquantaine et journalistes chevronnés pour RFI, ont été arrêtés dans la ville de Kidal, au nord du Mali, en novembre 2013 après avoir interviewé un chef séparatiste touareg.

Leurs corps criblés de balles ont été retrouvés quelques heures plus tard, le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) affirmant plus tard ces meurtres comme une vengeance contre la décision de la France d’intervenir contre les groupes djihadistes dans le pays plus tôt cette année-là.

Une enquête française sur les meurtres a conclu que Bakabo, également un trafiquant de drogue connu, conduisait la camionnette utilisée pour kidnapper les deux journalistes.

Parly a exprimé ses “pensées pour la famille et les proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon”.

Les circonstances exactes de leur mort n’ont jamais été révélées, et des proches accusent le secret militaire d’avoir entravé les efforts à cette fin.

En novembre, Agnès Callamard, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a noté que “les auteurs présumés ont été nommés mais n’ont pas encore été arrêtés et poursuivis”.

Callamard a pressé les gouvernements français et malien “de faire avancer l’enquête sans plus tarder afin que justice soit rendue”.

Vendredi, M. Parly a déclaré que l’opération “illustre l’une des principales priorités de la France dans la région du Sahel : éliminer les principaux chefs des groupes terroristes qui font des ravages dans la région”.

– Retrait français –

La nouvelle de la mort de Bakabo est apparue juste un jour après que le président français Emmanuel Macron a annoncé un retrait des troupes françaises dans la région du Sahel, qui sont au nombre de 5 100 dans des bases dans la région aride et volatile de la frange sud du désert du Sahara.

Macron n’a pas donné de chiffres pour le retrait, mais il a clairement indiqué qu’il souhaitait que l’implication future de la France se limite aux opérations antiterroristes et fasse partie d’une force européenne multinationale.

“L’objectif reste le même : la France reste engagée dans la lutte contre le terrorisme international, aux côtés des pays sahéliens et pour la sécurité de l’Europe et des Français”, a déclaré M. Parly.

Le Sahel est considéré par de nombreux politiciens et experts occidentaux comme un risque majeur pour la sécurité mondiale en raison de la montée en puissance des groupes djihadistes là-bas, ainsi que de son rôle de carrefour pour le trafic d’armes et de personnes.

Les journalistes couvrant l’insurrection au Sahel se retrouvent souvent la cible de groupes armés, soit à cause de leurs reportages, soit pour leur valeur en rançon.

Le reporter français Olivier Dubois, 46 ans, disparu en avril, serait aux mains du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la plus grande alliance djihadiste du Sahel.

Le pigiste de 46 ans se trouvait dans la ville de Gao, dans le nord du Mali, où il s’était rendu pour interviewer un commandant djihadiste lié à Qaïda.

L’année dernière, des soldats français servant dans la force Barkhane ont tué le chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, lors d’une percée majeure, tandis que des frappes aériennes régulières visent d’autres commandants supérieurs.

Un autre haut responsable d’AQMI lié au meurtre des journalistes de RFI, Amada Ag Hama, a été tué lors d’un raid dans le nord du Mali en mai 2015.