La Grande-Bretagne déclare que Hong Kong n’a pas le droit de dicter la reconnaissance de son passeport – FRANCE 24

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Hong Kong (AFP)

La Grande-Bretagne a déclaré vendredi à Hong Kong qu’elle n’avait “aucun droit” d’ordonner à d’autres pays de ne pas accepter un document de voyage britannique pour un programme populaire de travail pour les jeunes, après que la ville a confirmé avoir fait cette demande à plusieurs autres nations.

Cette querelle est la dernière dispute diplomatique centrée sur le passeport national britannique (outre-mer), alors que la Chine impose une répression radicale de la dissidence à Hong Kong.

Le passeport BNO est un héritage de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par la Grande-Bretagne coloniale en 1997.

Jusqu’à récemment, il permettait aux Hongkongais nés avant 1997 de voyager plus facilement au Royaume-Uni, mais ne leur donnait pas le droit de travailler ou de s’installer.

Mais après que Pékin ait imposé l’année dernière une loi de sécurité nationale de grande envergure sur la ville, la Grande-Bretagne a commencé à offrir une voie vers la citoyenneté aux détenteurs de passeports BNO et à leurs familles.

En réponse, Hong Kong et la Chine ont déclaré qu’ils ne reconnaîtraient plus le passeport BNO comme un document de voyage légitime.

Jeudi dernier, Hong Kong a confirmé les informations des médias selon lesquelles elle avait récemment écrit à 14 consulats pour leur demander de ne pas autoriser les jeunes à utiliser leur passeport BNO pour demander des visas vacances-travail en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions d’Asie.

“Les participants de Hong Kong au programme vacances-travail devraient être limités aux détenteurs du passeport de la RAS de Hong Kong”, a ajouté un porte-parole du département du travail de Hong Kong dans une déclaration.

Cela a suscité la colère de la Grande-Bretagne, qui a déclaré que les pays avaient le droit d’établir leurs propres règles concernant les documents de voyage qu’ils acceptent pour l’identification.

“Le gouvernement de Hong Kong n’a aucune autorité pour dicter quels passeports les gouvernements étrangers reconnaissent comme valides”, a déclaré vendredi une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

“Le Royaume-Uni continuera à délivrer des passeports de ressortissants britanniques (outre-mer) qui restent des documents de voyage valides”.

Les 14 pays qui ont signé des accords de vacances-travail avec Hong Kong sont l’Australie, l’Autriche, le Canada, la France, l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Suède et la Grande-Bretagne.

Un diplomate occidental à Hong Kong a déclaré à l’AFP que la plupart de ces pays acceptaient encore les passeports BNO pour les programmes de vacances-travail et que le gouvernement de Hong Kong n’avait aucun moyen de faire respecter sa demande.

Les résidents de Hong Kong ne sont plus autorisés à entrer à Hong Kong et en Chine continentale avec des passeports BNO.

L’interdiction a un effet pratique limité car les Hongkongais quittent les aéroports en utilisant des cartes d’identité et la plupart ont des passeports de Hong Kong.

Toutefois, elle a eu un impact sur un petit nombre de Hongkongais, principalement d’origine sud-asiatique, qui ne possèdent que des passeports BNO et ne sont pas considérés comme des “ressortissants chinois” par les autorités.