La France renforce les contrôles des voyages alors que les cas de Covid-19 explosent – The Straits Times

PARIS (AFP) – Le gouvernement français a annoncé vendredi 26 mars un renforcement des contrôles de police pour faire respecter les restrictions de voyage en vigueur à Paris et dans plusieurs régions, alors que les cas de coronavirus continuent de grimper en flèche dans le pays.

Les contrôles dans les gares, les aéroports et les péages autoroutiers vont “se multiplier à partir d’aujourd’hui”, ont indiqué les services du Premier ministre, qualifiant la situation de “critique” face à l’arrivée d’une troisième vague d’infections.

Environ 20 millions de personnes en France, dont celles de la région parisienne, sont classées en zone de forte infection où elles ne sont pas autorisées à se déplacer à plus de 10 km de leur domicile, sauf raison impérative.

Le nombre de cas quotidiens en France a presque doublé depuis le début du mois, atteignant plus de 45 000 jeudi, et le nombre de personnes en soins intensifs à l’hôpital est maintenant presque le même que lors de la deuxième vague en novembre.

À Paris, la pression sur les hôpitaux est encore plus forte, avec des opérations chirurgicales non essentielles annulées et des patients transférés dans d’autres régions en raison de la propagation rapide de la variante britannique, plus contagieuse.

Près d’une personne sur 170 est actuellement infectée dans la région de la capitale, selon les données officielles.

Le président français Emmanuel Macron a été critiqué pour être allé à l’encontre de l’avis des experts scientifiques et de son ministre de la santé lorsqu’il a décidé, fin janvier, de ne pas imposer un verrouillage national.

“Ces prochaines semaines seront difficiles. Nous prendrons des mesures efficaces au bon moment et, à mon sens, il n’y a pas de tabous”, a déclaré M. Macron, qui ne semble pas exclure un autre verrouillage national si nécessaire.

“Je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun regret et aucun sentiment d’échec”, a-t-il ajouté pour défendre sa décision de maintenir le pays en état de semi-ouverture à la fin du mois de janvier.

Macron et les ministres du gouvernement ont défendu ce choix, affirmant que les affaires sont restées stables au cours du mois de février et que les citoyens sont fatigués et luttent contre plus d’un an de restrictions, dont deux lockdowns.

Pas de ralentissement de l’épidémie ?

Jeudi dernier, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures de restriction pour Paris ainsi que pour les régions du nord et du sud-est. Ces mesures ont entraîné la fermeture des magasins non essentiels et la restriction des déplacements.

Mais les écoles sont ouvertes et les gens sont autorisés à quitter leur domicile aussi longtemps qu’ils le souhaitent.

Le Premier ministre Jean Castex a appelé cela une “troisième voie”. De nombreux experts médicaux considèrent que les restrictions ne sont pas assez sévères.

“Je comprends la stratégie de vouloir faire des mesures graduelles, mais avec la situation dans laquelle nous sommes, je ne suis pas sûr qu’elles vont ralentir l’épidémie”, a déclaré à l’AFP Solen Kerneis, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat dans le nord de Paris.

La campagne de vaccination en France a également été lente en raison d’une pénurie chronique de doses, avec seulement environ 10% de la population ayant reçu au moins une dose.

Le principal organisme de surveillance de la santé a recommandé vendredi de proposer les vaccins aux dentistes et aux vétérinaires, ce qui constitue un modeste élargissement des critères d’éligibilité, l’accent ayant été mis jusqu’à présent sur la vaccination des personnes âgées de plus de 75 ans, du personnel médical et des personnes souffrant de problèmes de santé.