La France ouvre une enquête sur la fortune personnelle du chef de la banque centrale du Liban – FRANCE 24

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La France a ouvert une enquête sur la fortune personnelle de Riad Salameh, directeur de la banque centrale du Liban en crise, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources.

Le parquet financier de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs et blanchiment d’argent par Salameh, a indiqué une source proche de l’enquête et une source judiciaire, à la suite d’une démarche similaire de la Suisse.

Ses conclusions pourraient faire la lumière sur les origines de la richesse de l’ancien banquier Merrill Lynch, âgé de 70 ans.

En poste depuis 1993 et ​​autrefois salué par les dirigeants politiques et économiques, Salameh a été accusé à plusieurs reprises par le gouvernement du Premier ministre par intérim Hassan Diab d’être responsable de l’effondrement de la livre libanaise.

Le public libanais le soupçonne, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires, d’avoir transféré de l’argent à l’étranger lors d’un soulèvement de 2019, lorsque les gens ordinaires en ont été empêchés.

Le Liban a depuis été frappé par une crise économique qui, selon la Banque mondiale, est l’une des pires depuis le XIXe siècle.

Proche de la puissante famille Hariri, Salameh fait l’objet d’une enquête depuis des mois en Suisse pour des soupçons de blanchiment d’argent grave et de détournement de fonds de la Banque du Liban.

Il possède également plusieurs propriétés en France et peut avoir transféré de l’argent via le pays.

L’une des plaintes pénales qui a poussé les procureurs français à s’impliquer est venue de la fondation suisse Accountability Now, a rapporté le quotidien Le Monde.

Un autre a été déposé par le groupe anti-criminalité financière Sherpa et par le Collectif des victimes de pratiques frauduleuses et criminelles au Liban, mis en place par des épargnants dévastés par la crise post-2019.

Fuite des capitaux

La décision française marque le début d'”une méga-enquête universelle à travers l’Europe”, ont déclaré William Bourdon et Amélie Lefebvre, avocats de Sherpa et du collectif des épargnants.

“D’énormes opérations de blanchiment d’argent seront examinées, qui devraient ouvrir tous les recoins de la mafia qui a mis le Liban à genoux”, espèrent-ils.

Leur plainte au pénal, vue par l’AFP, accuse Salameh et ses proches – son frère Raja, son fils Nadi, un neveu et un collaborateur de la banque centrale – de se constituer frauduleusement une vaste fortune en Europe.

Les groupes exhortent la justice à enquêter sur la fuite massive de capitaux du Liban depuis le début de la crise, ainsi que sur les achats immobiliers sans commune mesure avec les revenus des acheteurs et les rôles joués par les intermédiaires financiers, les paradis fiscaux et les hommes de paille.

Sur la base notamment des rapports du site libanais Daraj.com et de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, les plaignants estiment que la richesse mondiale totale de Salameh s’élève à plus de 2 milliards de dollars.

Il conteste ce chiffre, affirmant que ses avoirs proviennent d’héritages, de sa carrière bancaire et d’investissements légitimes depuis son entrée en fonction en 1993.

L’enquête des procureurs français est la dernière d’une série d’enquêtes sur les « biens mal acquis » de dirigeants étrangers – en particulier d’Afrique ou du Moyen-Orient.

(AFP)