La France met en garde le Royaume-Uni contre des représailles si l’accord de pêche post-Brexit n’est pas mis en œuvre – RFI Français

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La France s’est déclarée prête à prendre des “représailles” contre la Grande-Bretagne à moins qu’un accord post-Brexit sur les droits de pêche ne soit mis en œuvre, alors que le Parlement européen vote mardi sur la ratification de l’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni.

Les pêcheurs français disent qu’ils sont empêchés d’opérer dans les eaux britanniques en raison des difficultés à obtenir des licences.

Ils ont lancé un mouvement de protestation dans le nord du port de Boulogne-sur-Mer la semaine dernière, en bloquant les camions transportant du poisson de Grande-Bretagne vers la France, affirmant que seuls 22 bateaux sur 120 en provenance du port avaient obtenu une licence pour les eaux britanniques.

“Nous demandons tout l’accord, rien que l’accord, et tant qu’il n’aura pas été mis en œuvre … nous procéderons à des représailles dans d’autres secteurs si nécessaire”, a déclaré mardi le ministre français de l’Europe Clément Beaune à la chaîne BFM Business. .

Les autorités britanniques ont contesté les affirmations de l’industrie française, affirmant vendredi dernier que 87 bateaux français avaient reçu des permis de pêche dans un rayon de 6 à 12 milles marins des côtes britanniques.

Lundi, la ministre française des Affaires maritimes, Annick Girardin, s’est rendue à Boulogne-sur-Mer pour rassurer le pêcheur protestataire. Elle a annoncé une aide de 100 millions d’euros dans les six prochains mois, dans le cadre d’un plan approuvé par l’UE pour soutenir l’industrie de la pêche après le Brexit.

Girardin a également assuré aux représentants de l’industrie que 21 nouveaux permis, pour permettre aux bateaux français de pêcher dans les eaux britanniques, seraient bientôt délivrés.

“ Aussi brutal et difficile que nécessaire ”

Le Parlement européen doit voter mardi sur la ratification de l’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni (TCA) qui définit les relations post-Brexit avec la Grande-Bretagne.

Les droits de pêche étaient l’une des questions les plus compliquées à négocier dans l’accord sur le Brexit conclu entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne pour le départ complet du Royaume-Uni du bloc le 1er janvier de cette année.

La Grande-Bretagne a fait des droits de pêche une question clé dans les négociations, le contrôle de l’accès à ses eaux étant considéré comme un signe de la souveraineté britannique.

Beaune a déclaré que les représailles françaises pourraient prendre la forme d’un blocage des autorisations pour que les opérateurs de services financiers britanniques travaillent dans l’UE.

“Le Royaume-Uni attend pas mal d’autorisations de notre part pour les services financiers. Nous n’en donnerons pas tant que nous n’aurons pas de garanties sur la pêche et d’autres questions”, a-t-il ajouté.

“C’est donner-donner. Tout le monde doit respecter ses engagements, sinon nous serons aussi brutaux et difficiles que nécessaire en tant que partenaire”, a-t-il déclaré.

Le secteur britannique de la pêche s’est également plaint de la bureaucratie empêchant l’exportation des captures vers le continent européen.

En janvier, pour protester contre les retards dans les expéditions, les exportateurs britanniques ont conduit des camions vers le centre de Londres, signe de tensions avec le gouvernement britannique de Boris Johnson.

(avec l’AFP)