La France envisage un verrouillage plus strict alors que les patients de Covid-19 en soins intensifs près de 5000 – FRANCE 24 Français

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Les autorités sanitaires françaises ont déclaré lundi que le nombre de patients en soins intensifs atteints de Covid-19 avait augmenté de 102 à 4 974, plus que le plus haut de 4 919 du deuxième verrouillage à la mi-novembre.

Cette semaine sera décisive pour la stratégie pilotée par le président Emmanuel Macron et son gouvernement qui soutiennent que chaque jour sans lock-out est un bonus pour la France, qu’ils considèrent comme épuisée après un an de restrictions.

De nouvelles mesures plus strictes ont été introduites le 20 mars, couvrant environ un tiers de la population, y compris la région parisienne, mais le gouvernement a mis fin aux commandes complètes au domicile avec de nombreux magasins toujours ouverts et des personnes autorisées à se réunir à l’extérieur en petits groupes.

La pression monte maintenant pour fermer les écoles et aller plus loin, de nombreux médecins et épidémiologistes avertissant que la maladie est incontrôlable.

«Si nous arrivons à un point où le risque est trop grand, nous avons toujours dit qu’un verrouillage est la décision ultime, le dernier recours», a déclaré lundi la députée du parti au pouvoir Aurore Bergé à la chaîne du Sénat public.

Elle a défendu la stratégie d’essayer de «trouver un équilibre» entre la gestion de l’urgence sanitaire tout en tenant compte de l’impact psychologique des mesures de verrouillage, ainsi que des coûts économiques et sociaux.

“Nous examinerons l’efficacité des mesures de confinement dans les prochains jours et nous en prendrons d’autres si elles sont nécessaires”, a déclaré dimanche Macron au Journal du Dimanche, ajoutant: “Pour le moment, rien n’a été décidé.”

Le chef de l’Etat de 43 ans a résisté aux pressions de ses conseillers scientifiques et de son ministre de la Santé pour imposer un verrouillage national fin janvier et est sous le feu des opposants politiques un an avant les élections.

Le déploiement des vaccins en France a également été frappé par une pénurie chronique de doses.

«Médecine des catastrophes»

Les chiffres quotidiens des nouvelles infections et des hospitalisations donnent une lecture sombre.

Au cours des sept derniers jours, environ 37 000 nouveaux cas ont été signalés en moyenne chaque jour, soit un quart par rapport à la période de sept jours précédente, tandis que les pénuries de lits dans les hôpitaux des zones les plus touchées deviennent aiguës.

Au total, il y a actuellement 28000 personnes hospitalisées atteintes de Covid-19 en France, un peu moins que le pic de 32000 hospitalisations de la première vague en mars et avril de l’année dernière, et 33500 dans la deuxième vague, selon les chiffres officiels.

Lundi, les autorités de santé publique ont rapporté que 4 974 personnes étaient en soins intensifs, soit moins que le pic de 7 019 de la première vague, mais supérieur au plus haut de 4 903 de la deuxième vague observé en novembre.

«Les perspectives sont pires qu’effrayantes», a déclaré lundi à la radio RMC Jean-Michel Constantin, responsable de l’anesthésie et des soins intensifs de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le sud-est de Paris, Jean-Michel Constantin.

«Nous sommes déjà au niveau de la deuxième vague et nous nous rapprochons de la première … Avril va être terrible.

En Seine-Saint-Denis au nord de Paris, la région la plus pauvre de France métropolitaine, les cas sont désormais supérieurs à 700 pour 100 000 habitants, soit environ une personne sur 150 est infectée.

Plus de 40 médecins et directeurs des urgences de la région parisienne ont inscrit dimanche leur nom dans une lettre ouverte avertissant que les hôpitaux devraient bientôt commencer à rationner l’accès aux lits de soins intensifs et sélectionner les patients jugés comme ayant les meilleures chances de survie.

«Nous ne pouvons pas garder le silence sans trahir le serment d’Hippocrate que nous avons fait autrefois», ont-ils écrit.

Macron a toujours fait de cela une ligne rouge, affirmant qu’il ne forcerait jamais le personnel médical à faire de tels choix de vie ou de mort.

«Il y a un sentiment de colère à se retrouver dans une situation qui vous obligera à faire de la médecine des catastrophes», a déclaré dimanche Rémi Salomon, un haut responsable des hôpitaux publics AP-HP à Paris.

«Dans 10 jours, 15 jours ou trois semaines, nous pourrions être débordés», a-t-il déclaré à la chaîne d’information BFMTV, plaidant pour un nouveau verrouillage, y compris pour les écoles.

(FRANCE 24 avec l’AFP et REUTERS)