La France aveugle porte une responsabilité écrasante dans le génocide au Rwanda: commission Macron – Republic TV

Selon les conclusions d’une commission officielle mise en place par Emmanuel Macron, la France porte le fardeau de «lourdes et écrasantes responsabilités» dans le génocide rwandais, mais elle n’a pas été complice du massacre. En 1994, pas moins de 800 000 personnes, majoritairement issues de la minorité tutsie du Rwanda, ont été massacrées. Le rapport déclare: «La crise rwandaise s’est terminée par un désastre pour le Rwanda et une défaite pour la France». Il a ajouté: «Mais la France est-elle complice du génocide des Tutsis? Si cela signifie une volonté de s’associer à l’entreprise génocidaire, rien dans les archives consultées ne le prouve ».

Un nouveau rapport

La commission a conclu que pendant longtemps la France était impliquée dans un régime qui encourageait les massacres racistes. Le rapport de 1200 pages a été présenté au président français Emmanuel Macron par l’historien Vincent Duclert. Il est à la tête de la commission de 15 personnes, dont les chercheurs travaillent sur le sujet depuis deux ans. Ces chercheurs ont également eu accès aux documents du renseignement militaire.

(Historien et chef de la Commission sur le rôle de la France dans le génocide rwandais de 1994, Vincent Duclert, au premier plan à droite, fait un rapport au président français Emmanuel Macron, à l’Elysée, à Paris, le vendredi 26 mars 2021. Crédits image: AP)

(Les crânes et les os de certains de ceux qui ont été massacrés alors qu’ils cherchaient refuge à l’intérieur de l’église sont présentés comme un mémorial aux milliers de personnes qui ont été tuées dans et autour de l’église catholique pendant le génocide de 1994 à Ntarama, au Rwanda. Une commission qui a dépensé près de deux ans de découverte du rôle de la France dans le génocide rwandais de 1994 a conclu vendredi 26 mars 2021 que le pays a réagi trop lentement en appréciant l’ampleur de l’horreur qui a fait plus de 800000 morts et porte «de lourdes et écrasantes responsabilités» dans la dérive qui a conduit à la meurtres, mais a débarrassé le pays de toute complicité dans le massacre qui visait principalement la minorité ethnique tutsie du Rwanda. Crédits d’image: AP)

Tout cela a commencé le 6 avril 1994, lorsqu’un avion transportant le chef du gouvernement rwandais dirigé par les Hutu, Juvénal Habyarimana, et le président burundais, Cyprien Ntaryamira, a été abattu. Les meurtres se sont poursuivis jusqu’au 15 avril. Selon les rapports de The Guardian, plus de 100 milices armées ont massacré des membres du groupe ethnique tutsi. Entre 250 000 et 500 000 femmes auraient été violées.

Selon la commission, Paris avait adopté un schéma binaire opposant l’ami hutu, incarné par le président Habyarimana, et l’ennemi qualifié d ‘«ougandais-tutsis» pour désigner le Front patriotique rwandais. Le rapport disait: «Au moment du génocide, il a été lent à rompre avec le gouvernement intérimaire qui menait le génocide et a continué à placer la menace du FPR en tête de son agenda». Plus tard, vendredi 26 mars, le gouvernement rwandais a déclaré qu’il accueillait le rapport comme «une étape importante vers une compréhension commune du rôle de la France dans le génocide». En outre, un rapport d’enquête commandé par le gouvernement rwandais sera publié dans les semaines à venir.

(Crédits d’image: AP)