La France adopte Google et Microsoft dans leur quête de protection des données sensibles – Reuters

PARIS, 17 mai (Reuters) – Certaines des données des États et des entreprises les plus sensibles de France peuvent être stockées en toute sécurité à l’aide de la technologie de cloud computing développée par Google et Microsoft d’Alphabet, si elle est concédée sous licence à des entreprises françaises, a annoncé lundi le gouvernement.

Cette remarque, qui fait partie du plan stratégique présenté par le ministre français des Finances, Bruno Le Maire et deux autres ministres, reconnaît la supériorité technologique des États-Unis dans ce domaine et contraste avec les appels antérieurs des politiciens européens pour des alternatives entièrement locales.

Google et Microsoft, ainsi que le leader du marché Amazon, dominent le domaine du stockage de données dans le monde entier, alimentant les inquiétudes en Europe quant au risque de surveillance par les États-Unis à la suite de l’adoption du US CLOUD Act de 2018.

Pourtant, une alternative de cloud computing «digne de confiance» peut être développée en Europe, a déclaré Le Maire, en garantissant la localisation des serveurs sur le sol français ainsi que la propriété européenne des entreprises qui stockent et traitent les données.

«Nous avons donc décidé que les meilleures entreprises – je pense notamment à Microsoft ou à Google – pourraient concéder tout ou partie de leur technologie à des entreprises françaises», a déclaré Le Maire lors d’une conférence de presse.

Google et Microsoft n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. Le Maire n’a pas mentionné Amazon.

Il a comparé de telles licences à celles vues dans les années 1960 dans le domaine du nucléaire civil entre la France et les États-Unis.

Un label dit «cloud de confiance» serait délivré aux entreprises proposant des services de cloud computing respectant les principes évoqués par Le Maire et d’autres conditions fixées par l’agence française de cybersécurité ANSSI.

OVHcloud et Outscale de Dassault Systèmes sont deux sociétés françaises qui remplissent déjà ces critères. OVHcloud a déclaré à la fin de l’année dernière qu’il s’était associé à Google pour renforcer ses capacités de cloud computing.

«Nous … espérons que d’autres alliances franco-américaines verront le jour dans ce domaine, ce qui nous permettra de disposer de la meilleure technologie tout en garantissant l’indépendance des données françaises», a déclaré le ministre du Numérique Cedric O.

La stratégie de cloud computing actualisée de la France fait suite à l’initiative Gaia-X menée par la France et l’Allemagne, qui vise à définir des normes communes pour le stockage et le traitement des données sur des serveurs situés localement et conformes aux lois strictes de l’Union européenne sur la confidentialité des données. (Reportage de Mathieu Rosemain; édité par Jan Harvey)