La Commission européenne et la France font état d’un soutien croissant à la taxe carbone aux frontières – Yahoo Eurosport France

PARIS (Reuters) – L’idée d’une taxe européenne sur les importations en provenance de pays dont les normes d’émissions de carbone sont plus souples bénéficie d’un soutien croissant, ont déclaré mardi de hauts responsables de l’Union européenne et de la France, alors que l’Union cherche à imposer ses directives sur le marché des émissions.

Alors que l’UE cherche à prendre la tête de la lutte mondiale contre les émissions de gaz à effet de serre, elle veut s’assurer que les entreprises ne se soustraient pas à ses normes plus strictes en augmentant simplement leur production dans des pays tiers plus cléments.

La Commission européenne devrait présenter en juin une proposition visant à obliger les producteurs non européens à payer une redevance basée sur les émissions pour vendre des produits polluants en Europe, afin d’égaliser les conditions de concurrence avec les entreprises européennes soumises à des normes d’émissions plus strictes.

“Nous avons des discussions avec nos collègues européens et les bases d’un accord se construisent rapidement”, a déclaré le ministre français des finances, Bruno Le Maire, dans un discours prononcé lors d’une conférence en ligne organisée par le gouvernement français.

Outre la France, les gouvernements de l’Autriche, de la République tchèque, du Danemark, de la Lituanie, du Luxembourg, de la Slovaquie et de l’Espagne ont publié mardi une tribune libre sur le site d’information Politico appelant à un mécanisme européen d’ajustement aux frontières du carbone à partir de 2023.

Pour éviter d’enfreindre les règles de l’Organisation mondiale du commerce et de déclencher des sanctions de rétorsion, la taxe devrait être appliquée de manière à ne pas créer de discrimination entre les importateurs en fonction de leur origine.

L’un des moyens d’y parvenir pourrait être d’exiger des importateurs qu’ils paient un quota d’émissions à la frontière, sur la base du prix du système d’échange de quotas d’émission existant dans l’Union européenne.

“Bien que nous n’ayons pas encore fait notre choix, il y a une certaine convergence vers une option reflétant le système d’échange de quotas d’émission de l’UE”, a déclaré le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, lors de la conférence.

Paris, qui défend depuis longtemps l’idée d’une taxe sur le carbone aux frontières, est favorable à une phase de transition jusqu’en 2030 pour supprimer progressivement les quotas d’émission gratuits pour certaines entreprises européennes.

(Reportage de Leigh Thomas ; édition de Richard Chang)