La Chine dénonce “ l’approche conflictuelle ” de l’UE après le blocage de l’accord d’investissement – FRANCE 24

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Pékin (AFP)

La Chine a critiqué vendredi “l’approche de confrontation” de l’Union européenne après que les eurodéputés ont voté pour bloquer un accord d’investissement historique sur les sanctions tit-for-tat de Pékin contre les législateurs européens.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré que les sanctions de Pékin étaient une “réponse nécessaire et justifiée” aux précédentes mesures de l’UE contre des responsables chinois au Xinjiang.

À la surprise de beaucoup, l’Union européenne et la Chine ont approuvé fin décembre un important pacte d’investissement, clôturant sept années de négociations laborieuses grâce à une impulsion finale de l’Allemagne.

Mais le Parlement européen a voté à une écrasante majorité jeudi pour refuser toute considération de l’accord d’investissement UE-Chine tant que les sanctions chinoises contre les eurodéputés et les universitaires seraient en place.

Pékin affirme que les sanctions ont été imposées pour “sauvegarder les intérêts (de la Chine)”.

“La Chine a imposé des sanctions aux institutions et au personnel concernés de l’UE qui ont répandu des mensonges et de fausses informations liés au Xinjiang et qui ont gravement porté atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine”, a déclaré Zhao lors d’un point de presse régulier.

Il a exhorté l’UE à “cesser immédiatement de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, à abandonner son approche de confrontation” et à ramener les relations UE-Chine “sur la bonne voie du dialogue et de la coopération”.

Les défenseurs du pacte le considèrent comme une ouverture indispensable de l’économie chinoise aux entreprises européennes, mais il devrait faire face à un processus de ratification difficile entre les 27 États membres et le Parlement européen.

– Sanctions tit-for-tat –

L’accord d’investissement vise à ouvrir le marché chinois et à éliminer les lois et pratiques discriminatoires empêchant les entreprises européennes de se concurrencer sur un pied d’égalité, selon la Commission européenne.

L’investissement étranger direct de l’UE en Chine depuis 2000 – hors Grande-Bretagne – s’est élevé à 181 milliards de dollars. La somme correspondante de la Chine est de 138 milliards de dollars.

Les liens entre l’UE et la Chine se sont soudainement détériorés en mars après un échange de sanctions en colère contre des problèmes de droits de l’homme.

L’UE a sanctionné quatre responsables chinois pour des violations présumées des droits de l’homme dans la région du Xinjiang, à l’extrême nord-ouest de la Chine.

Pékin a répondu en imposant ses propres sanctions contre les politiciens, les universitaires et les groupes de recherche européens.

Des groupes de défense des droits de l’homme et des universitaires affirment que Pékin a rassemblé environ un million d’Ouïghours et d’autres minorités du Xinjiang dans des camps d’internement, ce qui, selon Pékin, est d’éradiquer l’extrémisme islamique après une vague de violences et d’attaques interethniques.

Ajoutant à la pression, une cinquantaine de défenseurs des droits humains venus de Chine qui sont partis en exil en Europe – dont l’artiste Ai Weiwei – ont demandé jeudi à l’UE de suspendre les traités d’extradition avec Pékin.

Dans une lettre ouverte aux dirigeants de l’UE, ils ont demandé à Bruxelles de geler ou de révoquer les arrangements conclus par 10 États membres de l’UE, dont la France, la Belgique et l’Espagne.

Ces traités bilatéraux “présentent non seulement une menace potentielle pour notre liberté de mouvement au sein de l’Union européenne, mais aussi pour notre liberté d’association et d’expression, car Pékin peut demander notre extradition pour les déclarations que nous faisons en Europe”, a-t-il déclaré.