Laurent Demas 18 avril 2019
L'atout va à l'encontre de la "troïka de la tyrannie" avec des sanctions sévères

Nicaragua, Venezuela et Cuba, cibles de l’action économique.

Les Etats-Unis ont resserré leur position sur ce qu’ils appellent la “troïka de la tyrannie” en annonçant qu’ils autoriseraient les poursuites judiciaires contre les entreprises étrangères présentes à Cuba, limiteraient les envois de fonds et les déplacements sur l’île et imposeraient de nouvelles sanctions au Venezuela et au Nicaragua.

Hier, mercredi, le gouvernement américain a augmenté la pression contre Cuba, malgré les avertissements de ses partenaires européens, claquant la porte à la flexibilisation de son prédécesseur Barack Obama, qui estimait que la stratégie promue depuis un demi-siècle par Washington n’avait pas porté ses fruits.

“Quand le Venezuela sera libre, et Cuba et le Nicaragua seront libres, ce sera le premier hémisphère libre de toute l’histoire de l’humanité “, a déclaré le président Donald Trump.

Dans la matinée, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé que le 2 mai entrera en vigueur une règle qui permettra aux sociétés étrangères présentes à Cuba qui gèrent des biens confisqués après la révolution de poursuivre devant les tribunaux américains, mettant fin à une exemption de deux décennies.

Peu de temps après, lors d’une réunion avec des exilés cubains, John Bolton, conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, a annoncé, à Miami, des “changements réglementaires visant à restreindre les déplacements hors famille” sur l’île et à limiter les envois de fonds. “Nous sommes du côté des patriotes épris de liberté de la région “, a dit M. Bolton aux anciens combattants de l’invasion ratée de la baie des Cochons en 1961.

Il n’existe pas de chiffres officiels, mais on estime que les envois de fonds sont la deuxième source de revenus de l’île, derrière l’exportation de services médicaux. Selon le Havana Consulting Group, 70 % des Cubains reçoivent des envois de fonds.

“C’est une approche très correcte, très cohérente, parce qu’elle a abordé la question de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua comme une question unique, celle de la déstabilisation de la région “, a déclaré Jorge Luis García Pérez, un dissident cubain connu sous le nom d’Antúnez à l’AFP.

L’opposant a déclaré que “les transferts de fonds sont une source que la dictature utilise pour subvenir à ses besoins.

Cuba a rejeté l’annonce de l’entrée en vigueur du titre III de la loi Helms-Burton, une loi qui permet d’intenter des actions devant les tribunaux américains contre les entreprises qui enregistrent des profits sur des actifs qui ont été nationalisés pendant la révolution de 1959. Son ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a “fermement” répudié cette annonce et a déclaré qu’il s’agissait “d’une atteinte au droit international et à la souveraineté de Cuba et des Etats tiers.

L’Union européenne, principal partenaire commercial de Cuba depuis 2017, et le Canada ont exprimé leur mécontentement mercredi dans une déclaration conjointe, promettant de ” protéger les intérêts ” de leurs entreprises devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les États-Unis appliquent un embargo et l’accusent maintenant de soutenir le président vénézuélien Nicolas Maduro, dont le second mandat n’a pas été reconnu par les États-Unis, qui soutiennent le leader de l’opposition Juan Guaidó.

Les États-Unis mènent la pression internationale pour retirer Maduro du pouvoir et appliquent des sanctions financières et pétrolières au régime. Dans ce contexte, elle pénalise également les entreprises qui ont amené du pétrole brut vénézuélien sur l’île.

Hier, Bolton a indiqué que les États-Unis interdiront les transactions des États-Unis avec la Banque centrale du Venezuela, ainsi que celles de son directeur, Iliana Ruzza Terán.

Dans un discours, Maduro a qualifié ces mesures d'”illégales et immorales” et a assuré que la BCV se défendrait “avec la loi en main”.

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