Shell prévoit de réduire la valeur de ses actifs pétroliers et gaziers jusqu’à 22 milliards de dollars

Shell prévoit de réduire la valeur de ses actifs pétroliers et gaziers jusqu’à 22 milliards de dollars

30 juin 2020 Non Par Arthur Troibras

Royal Dutch Shell prévoit de réduire la valeur de ses actifs pétroliers et gaziers jusqu’à 22 milliards de dollars après que la crise du coronavirus ait touché la demande de carburant et affaibli les perspectives des prix de l’énergie, a déclaré mardi la compagnie énergétique anglo-néerlandaise.

Cette annonce a été faite après que Shell ait réduit ses prévisions sur les prix de l’énergie jusqu’en 2023, car elle s’attend à ce que les ventes ne se redressent que lentement après la pandémie, ce qui vient s’ajouter aux perspectives à long terme déjà sombres de la société concernant la demande de combustibles fossiles.

La décision de Shell fait suite à des mesures similaires prises par d’autres grandes entreprises énergétiques telles que BP, qui prévoit de réduire la valeur de ses actifs jusqu’à 17,5 milliards de dollars à la suite du coup porté aux ventes de carburant par les restrictions de voyage dans le monde afin d’empêcher la propagation du virus.

Shell, qui a une valeur de marché de 126,5 milliards de dollars, a déclaré dans une mise à jour en avance sur les résultats du deuxième trimestre, attendus pour le 30 juillet, qu’elle prendrait une charge globale après impôts de 15 à 22 milliards de dollars en raison des dépréciations.

Les redevances concernent les grandes opérations de gaz naturel liquéfié (GNL) en Australie, y compris l’installation flottante de GNL Prelude, la plus grande du monde, ainsi que les actifs de production de pétrole et de gaz au Brésil et dans les bassins de schiste des États-Unis.

Les actions de Shell négociées à Londres ont baissé de 3,7 % à 1350 GMT. L’analyste du Crédit Suisse Thomas Adolff a déclaré que le deuxième trimestre serait le plus difficile pour de nombreuses entreprises et que Shell avait envoyé un “signal d’alarme”. Shell, le plus grand détaillant de carburant au monde, a déclaré qu’il s’attendait à une baisse de 40 % de ses ventes au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente, à environ 4 millions de barils par jour (bpj), bien que ce soit plus que ses prévisions antérieures de 3,5 millions bpj.

Sa production de pétrole et de gaz devrait atteindre en moyenne 2,35 millions de bpj au cours des trois mois jusqu’en juin, contre 2,71 millions au premier trimestre 2020.