8 août 2020

Macron veut des sanctions de l’UE pour les violations en Méditerranée orientale

Le président français Emmanuel Macron a déclaré jeudi que l’UE devrait réagir aux provocations en Méditerranée orientale et imposer des sanctions à ceux qui violent les eaux territoriales de la Grèce et de Chypre.

“Ce serait une grave erreur de laisser notre sécurité en Méditerranée entre les mains d’autres acteurs. Ce n’est pas une option pour l’Europe et ce n’est pas quelque chose que la France laissera se produire”, a déclaré M. Macron aux journalistes avec son homologue chypriote Nicos Anastasiades.

Le président français a également souligné que la Turquie et la Russie profitent de l’action insuffisante de l’UE dans une région où “les questions d’énergie et de sécurité sont essentielles”. Il s’est également engagé à soutenir la Grèce et Chypre, déclarant qu'”il est inacceptable que l’espace maritime des États membres (de l’UE) soit violé et menacé”. Ceux qui agissent ainsi doivent être sanctionnés”.

Macron est en conflit avec le président turc Recep Tayyip Erdogan sur la situation en Libye, les deux pays s’accusant mutuellement de l’escalade du conflit dans ce pays déchiré par la guerre.

Lors de sa rencontre avec Anastasiades, le président français a également réitéré son appel à un cessez-le-feu en Libye et à “entamer une véritable dynamique vers une solution politique au conflit libyen”.

Dans une déclaration commune publiée samedi, lors du sommet des 27 dirigeants de l’UE, les dirigeants français, allemands et italiens se sont déclarés prêts à imposer des sanctions aux acteurs étrangers qui violent l’embargo sur les armes en Libye, et ont appelé toutes les parties au conflit et les puissances étrangères qui les soutiennent, sans mentionner un pays en particulier, à mettre fin aux affrontements meurtriers.

Le même jour, M. Anastasiades a également pris le temps d’informer la chancelière allemande Angela Merkel de la situation en Méditerranée orientale, et de souligner que l’UE devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations commises par la Turquie dans la zone économique exclusive (ZEE) de l’île, ainsi que la volonté de son pays de relancer les négociations sur Chypre dès que possible.

Bruxelles a souvent demandé à la Turquie de mettre fin à ses activités de forage, son chef de la politique étrangère, Josep Borrell, menaçant de sanctions si Ankara ne tenait pas compte des avertissements de l’UE. Borrell doit également présenter une liste de “nouvelles mesures appropriées” d’ici fin août pour les violations de la souveraineté territoriale de Chypre et de la Grèce.

Alors que le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, fait également pression pour des sanctions contre Ankara, pour la Commission européenne, qui reconnaît l’importance stratégique de la Turquie, l’imposition de sanctions n’est “en principe” pas sur la table.

L’importance de maintenir les canaux de dialogue ouverts avec la Turquie a également été soulignée mardi par le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas, qui a toutefois averti que les activités de forage d’Ankara en Méditerranée orientale devraient cesser, si la Turquie cherche à améliorer ses relations avec l’Union européenne.

Les commentaires de Maas et Macron sont survenus au milieu d’une nouvelle vague de provocations de la part de la Turquie, après que cette dernière ait annoncé des plans pour mener des recherches sismiques et des opérations de forage dans “une partie du plateau continental grec”, comme le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Dendias, a appelé les eaux territoriales en jeu, les forces armées grecques étant mises en état de préparation.

Les activités d’Ankara dans la région sont basées sur un accord maritime signé en 2019 avec le gouvernement d’accord national (GNA) de la Libye, soutenu par les Nations unies et dirigé par Fayez al-Sarraj, qui a permis à la Turquie de s’approprier de vastes pans de la zone économique exclusive (ZEE) de la Grèce et de Chypre.

Pour la Turquie, les revendications territoriales des deux pays sont sans fondement, le président turc Recep Tayyip Erdogan accusant Athènes d’essayer d’exclure son pays des bénéfices des découvertes de pétrole et de gaz dans la région.