24 octobre 2020

L’UE va imposer des sanctions à la Russie pour l’empoisonnement de Navalny

Les ministres des affaires étrangères de l’UE ont soutenu une initiative franco-allemande visant à imposer de nouvelles sanctions à la Russie pour l’empoisonnement du leader de l’opposition et critique du Kremlin, Alexei Navalny.

“Nous avons discuté des éléments possibles d’une réponse commune forte de l’UE à l’utilisation d’un agent chimique neurotoxique interdit, mis en œuvre la proposition de la France et de l’Allemagne concernant des mesures restrictives à l’encontre de ceux qui sont liés à la tentative d’assassinat d’Alexei Navalny”, a déclaré le diplomate Josep Borrell dans une déclaration lundi, après le Conseil des affaires étrangères (CAE) à Luxembourg.

“Il y a eu un accord politique pour mettre en œuvre ces mesures restrictives qui sera fait par les organes techniques du Conseil”, a ajouté M. Borrell.

La décision des ministres d’imposer des sanctions ciblées sur des individus et des entités fait suite à une proposition franco-allemande de la semaine dernière, où les deux pays ont proposé l’imposition de mesures ciblées sur les individus jugés responsables de l’empoisonnement et de la violation des normes internationales, “sur la base de leur fonction officielle, ainsi qu’une entité impliquée dans le programme Novichok”.

“Aucune explication crédible n’a été fournie par la Russie jusqu’à présent. Dans ce contexte, nous considérons qu’il n’y a pas d’autre explication plausible à l’empoisonnement de M. Navalny que l’implication et la responsabilité de la Russie”, peut-on lire dans le rapport conjoint déclaration par la France et l’Allemagne.

Les mesures restrictives de l’UE comprennent le gel des avoirs et l’interdiction de voyager qui pourraient viser les membres de l’agence de renseignement militaire russe GRU, et qui devraient être mises en œuvre avant le sommet de décembre.

“Nous avons convenu d’adopter des sanctions contre les personnes que nous considérons comme responsables de cette violation du droit international”, a écrit le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, dans un post sur Twitter après la réunion. Il a ajouté qu'”il est important que l’UE fasse preuve d’unité concernant un crime aussi grave – et c’est ce que nous avons fait aujourd’hui”.

De même, son homologue français, Jean-Yves Le Drian, a tweeté que le bloc a soutenu l’initiative franco-allemande pour une “réponse ferme” de l’UE à la “tentative d’assassinat” de Navalny.

“Toute utilisation d’armes chimiques appelle une réaction unie face à cet acte déstabilisant pour la sécurité de l’Europe”, a ajouté M. Le Drian, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ayant confirmé qu’une arme chimique de classe Novick avait été utilisée dans l’attentat.

La marine a quitté l’hôpital
La marine était déchargée fin septembre de l’hôpital Charite de Berlin, après plus d’un mois de traitement pour empoisonnement par un agent neurotoxique du groupe Novichok.

Le 20 août dernier, le critique du Kremlin âgé de 44 ans est tombé malade lors d’un vol entre la Sibérie et Moscou, obligeant l’avion à faire un atterrissage d’urgence à Omsk, où il a passé deux jours à l’hôpital avant d’être évacué vers l’Allemagne, où il a reçu un traitement pendant 32 jours, dont 24 jours en soins intensifs.

Alors que les autorités allemandes soutiennent qu’il existe des preuves “sans équivoque” qu’il a été empoisonné, citant des tests effectués dans des laboratoires en Allemagne, en France et en Suède, Moscou a déclaré qu’elle n’avait pas encore trouvé de preuves d’un crime et a refusé d’ouvrir une enquête criminelle.