9 août 2020

Longue Marche-5 : la Chine met en place sa première mission sur Mars

La Chine a mis une fusée en position pour lancer un rover vers Mars dans l’une des trois prochaines missions vers la planète rouge, l’une en provenance des États-Unis et l’autre des Émirats arabes unis.

La fusée porteuse Long March-5 est le lanceur le plus lourd de Chine et a été utilisée expérimentalement à trois reprises, mais jamais avec une charge utile. Baptisée Tianwen-1, la première mission chinoise sur Mars vise à faire atterrir un rover pour recueillir des données scientifiques.

La fusée devrait décoller du centre de lancement spatial de Wenchang, dans la province de Hainan, dans le sud de l’île, fin juillet ou début août, selon les médias d’État qui ont cité vendredi l’Administration spatiale nationale chinoise.

Cette mission est l’une des plus ambitieuses à ce jour pour le programme spatial chinois, qui a progressé rapidement depuis le lancement de sa première mission avec équipage en 2003. Depuis lors, elle a envoyé des astronautes dans une station spatiale expérimentale, a commencé à travailler sur une installation plus grande et plus permanente et a fait atterrir une sonde sur la face cachée de la lune, moins explorée.

Le trio de missions de cet été est le plus vaste jamais entrepris pour rechercher des signes de vie microscopique ancienne tout en explorant Mars pour les futurs astronautes.

Les délais de ces missions sont impressionnants et les pays concernés s’efforcent de tirer le meilleur parti d’une fenêtre d’un mois pendant laquelle Mars et la Terre sont idéalement alignées du même côté du soleil, ce qui permet de réduire au minimum la durée des voyages et la consommation de carburant. Une telle fenêtre ne s’ouvre qu’une fois tous les 26 mois.

Les préparatifs se sont poursuivis dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, ce qui a en partie incité l’Europe et la Russie à renoncer à leur projet d’envoyer un rover en quête de vie sur Mars cet été. Chaque vaisseau spatial parcourra plus de 480 millions de kilomètres avant d’atteindre Mars en février prochain. Ce faisant, ils feront une boucle au-delà de l’orbite terrestre et se synchroniseront avec l’orbite plus éloignée de Mars autour du soleil.

Les États-Unis envoient un rover à six roues de la taille d’une voiture, appelé Persévérance, pour collecter des échantillons de roche qui seront renvoyés sur Terre pour analyse dans une dizaine d’années. Sa date de lancement a été fixée entre le 30 juillet et le 15 août.

L’engin spatial des Émirats arabes unis, appelé Amal, ou Espoir en arabe, est un orbiteur construit en partenariat avec l’université du Colorado Boulder et doit être lancé du Japon lundi. Il s’agira de la première mission interplanétaire du monde arabe.

Les scientifiques veulent savoir à quoi ressemblait Mars il y a des milliards d’années, à l’époque où elle disposait de sources d’eau qui auraient pu abriter de minuscules formes de vie avant de se transformer en ce monde gelé qu’elle est aujourd’hui. Jusqu’à présent, les États-Unis sont le seul pays à avoir réussi à envoyer un vaisseau spatial sur Mars, et ce à huit reprises. Deux atterrisseurs de la NASA y opèrent, InSight et Curiosity. Six autres engins spatiaux explorent la planète à partir de son orbite : trois américains, deux européens et un indien.

La dernière tentative chinoise de mission sur Mars en collaboration avec la Russie s’est soldée par un échec en 2011. Les liens militaires étroits du programme spatial chinois et le secret relatif qui l’entoure ont limité ses possibilités de coopération avec celles des États-Unis et d’autres pays.