Laurent Demas 19 avril 2019
Les restes d'Alan Garcia seront incinérés et enterrés vendredi.

A la demande de la famille, l’inhumation n’inclura pas de cérémonies d’Etat ou la présence de représentants du gouvernement.

La dépouille mortelle d’Alan García, ancien président du Pérou (1985-1990 et 2006-2011) qui s’est suicidé mercredi avec une blessure par balle à la tête, sera incinérée et enterrée ce vendredi dans un cimetière privé à la périphérie de Lima, selon des sources du Parti Aprista (PAP).

García a été transféré au cimetière Mapfre de Huachipa depuis la Casa del Pueblo du PAP, le siège du groupe politique dont García était le chef principal, où il est surveillé depuis mercredi soir par des parents, des amis, des partisans et des politiciens.

Selon le chef du PAP Omar Quesada

Pour cet enterrement, qui, à la demande de la famille n’aura pas de cérémonies d’État ou la présence de fonctionnaires du gouvernement, aura la présence de militants du parti de tout le Pérou.

Depuis que la dépouille de García a été transférée hier soir au siège du parti, des centaines de personnes sont passées pour rendre un dernier hommage au leader, qui s’est tiré une balle dans le temple lorsqu’un procureur s’est présenté chez lui avec un mandat d’arrêt préliminaire, à la suite d’enquêtes contre lui pour blanchiment de capitaux et trafic d’influence dans l’affaire Odebrecht.

Mercredi et jeudi matin, la grande famille de García, dont son ex-femme Pilar Nores et plusieurs de ses enfants, était présente à la veillée.

Bien que le gouvernement péruvien dirigé par Martín Vizcarra ait décrété trois jours de deuil officiel et lui ait offert de l’honorer en tant qu’ancien chef d’Etat, la famille a rejeté cette option et a préféré dire un dernier adieu à sa famille et ses amis.

En fait, au cours de la veillée, les militants d’Aprista n’arrêtaient pas de crier “Vizcarra meurtrier”, blâmant le président pour la “persécution” judiciaire subie par leur chef et l’accusant de son suicide.

On a également appris que plusieurs couronnes envoyées par des institutions publiques et certains partis politiques ont été rejetées par le PAP et qu’il y avait des contacts entre les responsables et le parti pour empêcher des personnalités gouvernementales d’assister à la veillée.

Seule la vice-présidente du Pérou, Mercedes Aráoz, qui était ministre sous le dernier gouvernement de García, s’est présentée à la Casa del Pueblo.
García faisait l’objet d’une enquête du ministère public pour savoir s’il avait reçu des pots-de-vin d’Odebrecht, l’entreprise brésilienne de construction qui avait versé des pots-de-vin dans une douzaine de pays d’Amérique latine pour obtenir de gros contrats de travaux publics.

Au Pérou, l’affaire Odebrecht concerne également les anciens présidents Alejandro Toledo (2001-2006), Ollanta Humala (2011-2016) et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018), ainsi que Keiko Fujimori, leader de l’opposition, pour ses dons irréguliers reçus pour ses campagnes électorales au Pérou.

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