15 août 2020

Les États-Unis utilisent l’extradition de Huawei CFO pour s’assurer un avantage commercial : Avocats

Les avocats d’un cadre supérieur du géant chinois de la technologie Huawei affirment que son audience d’extradition devrait être close parce que les commentaires du président américain Donald Trump la réduisent à un pion dans un concours politico-économique.

Le Canada a arrêté Meng Wanzhou, la fille du fondateur de Huawei, à l’aéroport de Vancouver fin 2018. Les États-Unis veulent qu’elle soit extradée pour faire face à des accusations de fraude. Son arrestation a rendu furieux Pékin, qui voit dans cette affaire une manœuvre politique destinée à empêcher l’essor de la Chine.

Les États-Unis accusent Huawei d’utiliser une société écran de Hong Kong appelée Skycom pour vendre du matériel à l’Iran en violation des sanctions américaines. Ils affirment que Meng a commis une fraude en trompant la banque HSBC sur les activités commerciales de la société en Iran.

Les avocats de Meng, qui ont récemment déposé une demande d’extradition, affirment que les États-Unis utilisent l’extradition pour s’assurer un avantage commercial et que cela nuit à l’intégrité des procédures judiciaires canadiennes. Ils affirment que les fondements de la procédure judiciaire au Canada ont été détruits et demandent un arrêt des procédures pour abus de procédure.

Le dossier fait état d’un entretien avec M. Trump deux semaines après l’arrestation de Meng, au cours duquel on lui a demandé s’il s’impliquerait dans l’affaire s’il pensait qu’elle permettrait d’obtenir un accord commercial avec la Chine.

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J’interviendrais certainement si je pensais que c’est nécessaire, a dit M. Trump. Les avocats de Meng disent que les États-Unis ne s’intéressent pas à la justice. Le président et son administration n’ont aucun intérêt réel dans le bien-fondé de la procédure pénale … mais ils ont l’intention d’utiliser sa poursuite comme monnaie d’échange dans un conflit commercial, selon les documents déposés.

Une partie importante de l’affaire américaine contre Meng concerne une réunion du 22 août 2013 dans un restaurant de Hong Kong, au cours de laquelle elle est accusée d’avoir utilisé une présentation PowerPoint pour donner des informations trompeuses aux dirigeants de HSBC sur la relation de Huawei avec Skycom.

En mai, Meng a échoué dans sa tentative de mettre fin au processus d’extradition lorsqu’un juge canadien a décidé que les allégations portées contre elle pouvaient également constituer un crime au Canada. L’arrestation de Meng a envenimé les relations entre le Canada et la Chine. En représailles apparentes, la Chine a détenu l’ancien diplomate canadien Michael Kovrig et l’entrepreneur canadien Michael Spavor.

La Chine a également imposé des restrictions sur diverses exportations canadiennes vers la Chine, notamment les graines oléagineuses de canola. La Chine a également condamné à mort un trafiquant de drogue canadien lors d’un nouveau procès soudain.

Meng est toujours en liberté sous caution à Vancouver.