12 août 2020

L’économie européenne plonge dans la pire récession au milieu de la crise de Covid-19

L’économie européenne est entrée dans sa pire récession jamais enregistrée au deuxième trimestre, les quarantaines imposées aux pays du continent ayant mis un terme aux activités commerciales et aux dépenses de consommation.

D’avril à juin, le produit intérieur brut a diminué par rapport au premier trimestre de 11,9 % dans les 27 États membres de l’Union européenne et de 12,1 % dans les pays qui utilisent l’euro, selon les chiffres publiés vendredi par Eurostat, l’agence statistique du bloc.

Sur une base annualisée, les économies de l’Union européenne ont diminué de 14,4 % et celles de la zone euro de 15 %, soit les plus fortes contractions depuis que les statistiques ont commencé à être tenues en 1995.

Mais certains signes indiquaient que le pire était peut-être passé depuis lors, et qu’une timide reprise gagnait du terrain alors que les gouvernements lançaient d’énormes dépenses de relance. De longues périodes de confinement, bien que douloureuses pour les entreprises et l’industrie, ont contribué à freiner une résurgence généralisée de la pandémie dans la plupart des pays, facilitant ainsi les réouvertures.

graphique

A lire également : Les géants de la technologie défient les ralentissements économiques et affichent un bénéfice combiné de 28 milliards de dollars

Les données étaient particulièrement sombres pour les nations de la rive sud de l’Europe, qui étaient parmi les plus touchées par le virus et qui ont dû faire face à des périodes de quarantaine plus longues que les pays du nord de l’Europe.

En Espagne, où le nombre de morts est l’un des plus élevés d’Europe, l’économie a chuté de 22,1 % par rapport à l’année dernière et de 18,5 % par rapport au premier trimestre.

graphique

La France, la deuxième économie de la zone euro, a reculé de 19 % par rapport à l’année dernière et de 13,8 % par rapport au premier trimestre ; et l’Italie, la troisième économie de la zone, s’est contractée de 17,3 % par rapport à l’année dernière et de 12,4 % par rapport au premier trimestre. La France est officiellement en récession, avec trois trimestres consécutifs de contraction.

A lire également : la baisse des taux de FD n’est pas un moteur pour les petits investisseurs : Officiel du Sebi

Jeudi, les autorités ont indiqué que l’économie allemande, la plus importante d’Europe, a diminué de 11,7 % par rapport à la même période de l’année dernière et de 10,1 % par rapport au trimestre précédent.

La semaine dernière, les dirigeants de l’Union européenne ont convenu d’un plan de relance historique de 750 milliards d’euros, soit environ 884 milliards de dollars, pour sauver leurs économies et ancrer un léger redressement qui avait commencé à s’imposer après la levée des mesures de verrouillage.

Mais les risques abondent à mesure que de nouveaux cas sont signalés, ce qui augmente la possibilité d’un plus grand nombre de quarantaines.

“La partie la plus difficile de cette reprise devrait commencer maintenant”, a déclaré Bert Colijn, économiste en chef pour la zone euro à la Banque ING, dans une note aux clients.


The New York Times News Service 2020