Le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada condamnent la loi de sécurité proposée par la Chine pour Hong Kong

Le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada condamnent la loi de sécurité proposée par la Chine pour Hong Kong

Non Par Charles Foucault

Le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada ont publié vendredi une déclaration commune exprimant leur profonde inquiétude quant aux propositions de la Chine concernant la législation sur la sécurité nationale à Hong Kong.

En réponse à la nouvelle loi de sécurité proposée par la Chine pour Hong Kong, le ministre britannique des affaires étrangères Dominic Raab, la ministre australienne des affaires étrangères Marise Payne et le ministre canadien des affaires étrangères François-Philippe Champagne ont déclaré que cette initiative porterait atteinte au principe “Un pays, deux systèmes”.

“Nous sommes profondément préoccupés par les propositions visant à introduire une législation relative à la sécurité nationale à Hong Kong”, peut-on lire dans la déclaration commune.

La déclaration fait référence à la déclaration conjointe “juridiquement contraignante” entre la Chine et le Royaume-Uni qui prévoit que la ville-État aura un “degré élevé d’autonomie”.

“La déclaration commune juridiquement contraignante, signée par la Chine et le Royaume-Uni, prévoit que Hong Kong disposera d’un degré élevé d’autonomie. Elle prévoit également que les droits et libertés, y compris ceux de la personne, de la presse, de réunion, d’association et autres, seront garantis par la loi à Hong Kong, et que les dispositions des deux pactes des Nations unies relatifs aux droits de l’homme (le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels) resteront en vigueur”, peut-on lire dans la déclaration.

La déclaration conjointe sino-britannique sur la question de Hong Kong a été signée à Pékin le 19 décembre 1984 par les premiers ministres de Chine et de Grande-Bretagne. Les deux gouvernements ont convenu que la Chine reprendrait le contrôle de Hong Kong à partir du 1er juillet 1997.

Selon un rapport publié dans South China Morning PostLe corps principal du traité comporte huit articles et trois annexes et stipule que les politiques fondamentales de la Chine concernant Hong Kong “resteront inchangées pendant 50 ans”, y compris la promesse que la ville conservera un degré élevé d’autonomie.

“L’adoption d’une telle loi au nom de Hong Kong sans la participation directe de sa population, de son corps législatif ou de son système judiciaire saperait clairement le principe “un pays, deux systèmes”, en vertu duquel Hong Kong se voit garantir un degré élevé d’autonomie”, selon la déclaration commune des trois ministres des affaires étrangères.

Auparavant, les Etats-Unis avaient condamné la proposition du Parti communiste chinois d’imposer “unilatéralement et arbitrairement” une législation sur la sécurité nationale à Hong Kong, exhortant Pékin à reconsidérer sa proposition désastreuse, à se conformer à ses obligations internationales et à respecter le haut degré d’autonomie de Hong Kong.

La proposition qui a été annoncée ce jeudi menaçait d’éroder la liberté qui distingue le centre financier du reste du pays.

La législation permettrait à Pékin de s’attaquer aux grandes manifestations antigouvernementales, souvent violentes, qui ont secoué Hong Kong pendant une grande partie de l’année dernière.

Cependant, la Chine a défendu la proposition en disant que de telles législations sont nécessaires pour protéger la souveraineté du pays contre les forces extérieures déterminées à saper le Parti communiste.