8 août 2020

Le Royaume-Uni interdit à Huawei d’utiliser le réseau 5G et ordonne aux opérateurs de télécommunications de cesser d’acheter ses équipements

Le gouvernement britannique est revenu mardi sur son projet d’accorder à la société chinoise de télécommunications Huawei un rôle limité dans le nouveau réseau britannique de téléphonie mobile à haut débit, dans une décision qui a de larges implications sur les relations entre Londres et Pékin.

La Grande-Bretagne a imposé cette interdiction après que les États-Unis aient menacé de rompre un accord de partage de renseignements en raison des craintes que le matériel de Huawei puisse permettre au gouvernement chinois d’infiltrer les réseaux britanniques.

Le Premier ministre Boris Johnson était sous la pression des rebelles de son propre parti conservateur qui critiquaient la nouvelle loi de sécurité de Hong Kong et le traitement réservé par la Chine à l’ethnie ouïgoure, ainsi que les liens de Huawei avec le gouvernement chinois.

Dix législateurs conservateurs ont envoyé une lettre à Johnson pour lui demander de retirer Huawei des infrastructures nationales critiques du Royaume-Uni.

En janvier, Johnson a cherché à équilibrer les pressions économiques et sécuritaires en acceptant de donner à Huawei un rôle limité dans le réseau britannique dit 5G, en excluant la société des composantes essentielles du système et en limitant sa participation à 35 % du projet global.

Mais cette décision a provoqué un affrontement diplomatique avec les Américains, qui ont menacé de mettre fin à la coopération en matière de sécurité si la Grande-Bretagne ne se débarrassait pas de Huawei. Alors que les pressions se poursuivent pour que Huawei soit entièrement retiré des réseaux de communication, les États-Unis ont imposé en mai de nouvelles sanctions qui empêcheront les entreprises du monde entier d’utiliser des machines ou des logiciels fabriqués aux États-Unis pour produire des puces pour la société chinoise.