19 septembre 2020

Le président du Mali démissionne après une mutinerie militaire

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita et le premier ministre Boubou Cissé ont été saisis mardi par des soldats mutins, dans une escalade d’une crise qui dure depuis des mois dans un pays déjà aux prises avec une insurrection djihadiste et des protestations de masse.

Keita a déclaré plus tôt qu’il démissionnait et dissolvait le Parlement : “Je ne veux pas que du sang soit versé pour me maintenir au pouvoir”, a-t-il déclaré dans un discours télévisé. Quelques heures plus tard, des soldats mutins l’ont arrêté, ainsi que des hauts fonctionnaires de son gouvernement.

Les troupes rebelles ont encerclé la résidence privée de Keita dans la soirée et ont tiré des coups de feu en l’air avant de prendre le chef en détention. On ne sait toujours pas qui menait la révolte, ni ce que les mutins voulaient.

L’opposition proteste depuis des semaines pour exiger le départ de Keita, l’accusant de l’effondrement de l’économie du pays et de la mauvaise gestion d’une situation sécuritaire qui s’aggrave.

“L’Union européenne condamne la tentative de coup d’État en cours au Mali et rejette tout changement anticonstitutionnel. Cela ne peut en aucun cas être une réponse à la profonde crise sociopolitique qui frappe le Mali depuis plusieurs mois”, a tweeté le vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell.

Le chef de l’ONU Antonio Guterres a exigé “la libération immédiate et inconditionnelle” de Keita et des membres de son gouvernement. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit discuter de la situation mercredi.