19 septembre 2020

Le Japon confirme la mise au rebut du système de défense antimissile américain

Le Conseil national de sécurité du Japon a approuvé des plans visant à annuler le déploiement de deux coûteux systèmes de défense antimissile terrestres américains destinés à renforcer les capacités du pays contre les menaces de la Corée du Nord, a déclaré jeudi le ministre de la défense du pays.

Le conseil a pris sa décision mercredi, et maintenant le gouvernement devra entamer des négociations avec les États-Unis sur ce qu’il faut faire des paiements et du contrat d’achat déjà conclu pour les systèmes Aegis Ashore.

Le conseil devrait également réviser le plan de défense de base du Japon dans le courant de l’année afin de mettre à jour le programme de défense anti-missiles et d’augmenter la posture de défense du pays.

Le ministre de la défense, Taro Kono, a annoncé le plan de mise au rebut des systèmes au début de ce mois après qu’il ait été constaté que la sécurité de l’une des deux communautés d’accueil prévues ne pouvait être assurée sans une refonte du matériel qui prendrait trop de temps et serait trop coûteuse.

En 2017, le gouvernement japonais a approuvé l’ajout des deux systèmes Aegis à terre pour renforcer les défenses actuelles du pays, composées de destroyers Aegis en mer et de missiles Patriot sur terre.

Les responsables de la défense ont déclaré que les deux unités Aegis à terre pourraient couvrir entièrement le Japon à partir d’une station à Yamaguchi au sud et d’une autre à Akita au nord.

Le plan de déploiement des deux systèmes avait déjà connu une série de revers, notamment des questions sur le choix de l’un des sites, des hausses répétées des estimations de coûts qui ont atteint 450 milliards de yens (4,1 milliards de dollars) pour leur fonctionnement et leur maintenance sur 30 ans, et des préoccupations de sécurité qui ont suscité une opposition locale.

Selon M. Kono, le Japon a signé un contrat d’une valeur de près de la moitié du coût total et en a payé une partie aux États-Unis.

Le premier ministre Shinzo Abe, qui a constamment poussé à renforcer la capacité de défense du Japon, a déclaré la semaine dernière qu’à la lumière de la démolition, le gouvernement devrait reconsidérer le programme de défense anti-missile du Japon et en faire plus dans le cadre de l’alliance de sécurité du pays avec les États-Unis.

Abe a déclaré que le gouvernement envisagerait la possibilité d’acquérir une capacité de frappe préventive, un plan controversé qui, selon les critiques, violerait la Constitution japonaise qui dénonce la guerre.

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