20 septembre 2020

Le gouvernement libanais démissionne au milieu des protestations contre l’explosion de Beyrouth

Le Premier ministre libanais Hassan Diab et son cabinet ont démissionné lundi soir, presque une semaine après qu’une explosion massive ait dévasté la capitale et provoqué des manifestations anti-gouvernementales.

“Nous ferons marche arrière et nous nous tiendrons aux côtés du peuple. Nous devons ouvrir la porte au peuple”, a déclaré M. Diab dans un discours télévisé à la nation avant de présenter sa démission au président libanais Michel Aoun.

Plus tôt dans la journée, le ministre de la santé du pays, Hamad Hasan, avait informé les journalistes de la démission imminente du gouvernement, tandis que le ministre de la justice, Marie Claude Najm, le ministre de l’information, Manal Abdel Samad, et le ministre de l’environnement, Damianos Kattar, avaient déjà démissionné.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Beyrouth samedi, pour demander des comptes, après qu’une explosion massive ait secoué le port de la capitale mardi, faisant plus de 200 morts, des milliers de blessés et des dizaines de disparus, tout en causant d’importants dégâts à la capitale.

Le Premier ministre et le Président libanais ont tous deux déclaré que l’explosion avait été causée par la détonation de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium qui avaient été stockées pendant six ans sans mesures de sécurité.

Face à la pression croissante des manifestants qui réclament des réformes politiques, le Premier ministre libanais avait promis d’organiser des élections anticipées. Cependant, l’annonce de Diab n’a pas suffi à satisfaire les manifestants qui accusaient le gouvernement de négligence et de corruption.

Dimanche, des vidéos circulant sur le web ont montré des manifestants affrontant les forces de police et faisant face à des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des tirs de fusils de chasse.

Le même jour, les donateurs internationaux ont promis 300 millions de dollars d’aide humanitaire pour le Liban, lors d’une conférence de donateurs organisée par le président français Emmanuel Macron et les Nations unies.

L’aide d’urgence sera “directement fournie à la population libanaise” et le pays, qui est au bord de la faillite, devra s’engager dans des réformes économiques et politiques.