27 octobre 2020

Le débat Trump-Biden : Mensonges, revendications et rhétorique

Le premier débat entre les deux candidats à la prochaine présidence américaine a été une sorte d'”opéra buffa” plutôt qu’un débat politique. Les deux candidats n’ont rien ajouté de nouveau, mais seulement une rhétorique vide de sens.

Le président en exercice Donald Trump, excessivement grotesque, parfois bucolique, dans tous les cas trop simpliste mais calme et sûr de lui, s’adressait à des Américains ordinaires qui vivent aujourd’hui une époque extraordinaire et sont préoccupés par les problèmes de la vie quotidienne. La question cruciale pour Donald Trump était de commenter l’affirmation selon laquelle, l’année de son élection (2016) et l’année suivante, il a payé 750 dollars d’impôts fédéraux chaque année. Trump a répondu qu’il n’avait payé que 38 millions de dollars en 2016 et 27 millions de dollars en 2017, il a affirmé qu’il y avait une histoire de “payé” dans un des journaux et il a fait référence au Conseil des élections où il y a un rapport de 118 pages, disant tout sur ses impôts.

Le vice-président Joe Biden, également grossier mais moins, dans un effort pour consolider l’aile gauche de son parti, s’adressait à des pseudo-intellectuels radicaux donnant des réponses vagues et sophistiquées sur des questions importantes qui montraient de l’indécision. Cela a soulevé la grande question de savoir comment il se comportera si, en tant que président, il devra décider de gérer le “ballon” avec les codes de lancement des armes nucléaires dans l’hypothèse d’une frappe préventive.

La question cruciale pour le vice-président Bidden, cependant, était les revendications concernant son fils et les millions de dollars qu’il gagne en gérant les fonds chinois. On lui a également demandé explicitement si la femme du maire de Moscou avait donné à son fils trois millions et demi de dollars. Le vice-président a répondu que ce n’était pas vrai, sans toutefois donner d’autres explications.

Les vrais problèmes du peuple américain n’ont même pas été vaguement abordés lors de ce premier débat. L’évolution de la guerre froide entre les États-Unis et la Chine qui, après l’élection, deviendra une confrontation idéologique et politique générale sans fin entre l’Ouest démocratique et l’Est communiste, le long chemin de la reprise après la crise du virus et la façon dont les deux candidats envisagent la nouvelle civilisation occidentale en devenir, n’étaient en tête de l’ordre du jour d’aucun des candidats. Probablement parce que Trump le sait et Bidden ne le sait pas.

Dans l’ensemble, ce premier débat n’exclut pas le scénario selon lequel les démocrates veulent perdre cette élection et c’est pourquoi le candidat Joe Biden a été désigné. En effet, si l’investiture était dotée d’une personnalité jeune, dynamique et bien éduquée, sans aucun lien avec les démocrates traditionnellement corrompus, son élection serait facile.

Enfin, c’est un oxymore que le parti républicain, historiquement associé aux grands intérêts financiers de Wall Street, dans une approche inhabituellement populiste, lutte pour les gens ordinaires. Au contraire, le parti démocrate a abandonné les gens ordinaires de la Main Street et donne dans cette élection la mère de toutes les batailles pour soutenir Wall Street.

À moins que la décadence américaine ne soit telle que les termes “Parti républicain” et “Parti démocrate” ne soient utilisés que par euphémisme et que nous devrions parler des choses par leur nom, c’est-à-dire le “Trump Party” et le “Clinton/Obama Party”.