20 septembre 2020

Le chef de l’armée saoudienne contraint de quitter le pays dans le cadre d’une enquête sur la corruption

Le roi Salman d’Arabie Saoudite a limogé deux membres de la famille royale et les a renvoyés avec quatre officiers militaires pour une enquête sur la corruption au sein du ministère de la défense, dans un décret royal publié mardi.

Le décret stipule que le prince Fahd bin Turki bin Abdulaziz Al Saoud sera relevé de ses fonctions de commandant des forces conjointes de la coalition dirigée par les Saoudiens qui combattent au Yémen, et que son fils, le prince Abdulaziz bin Fahd, sera relevé de son poste de gouverneur adjoint de la région d’al-Jouf.

L’enquête sur les “transactions financières suspectes au ministère de la défense” a été lancée à l’initiative du prince héritier Mohammed bin Salman.

L’Arabie Saoudite est entrée en guerre contre le Yémen en mars 2015, sous la direction du Prince Mohammed, alors ministre de la défense saoudien.

Après être devenu l’héritier du trône en 2017 lors d’un coup d’État au palais qui a évincé son prédécesseur, le prince héritier a lancé une campagne de lutte contre la corruption qui a vu l’arrestation de nombreux membres de la famille royale, ministres et hommes d’affaires. Les critiques pensent qu’il a utilisé cette campagne pour cibler des rivaux potentiels. Après son couronnement, le gouvernement est devenu de plus en plus autocratique.

Les responsables de la lutte contre la corruption “achèveront les procédures d’enquête avec tous les responsables militaires et civils concernés, prendront les mesures légales nécessaires à leur encontre et soumettront les résultats”, selon la déclaration du royaume.

Le prince héritier a fait l’objet de critiques mondiales concernant l’assassinat en 2018 du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat du royaume à Istanbul, qui aurait eu lieu sur ordre du prince héritier.

La critique de la famille royale en Arabie Saoudite peut conduire à la prison. Les manifestations publiques, les partis politiques et les syndicats sont interdits. Les manifestants sont arrêtés et étiquetés comme traîtres.